Le mandat de Kheireddine Zetchi à la tête de la Fédération algérienne de football (FAF) expire en mars prochain. Son quadriennat a été marqué par le sacre éclatant de l’équipe nationale en Coupe d’Afrique des nations 2019. Cela devait lui donner plus de légitimité sur le fauteuil de la FAF. Que nenni! En tout cas pas aux yeux des Autorités qui semblent le malmener pour lui ôter toute envie de se représenter. Et ce n’est pas les dernières manœuvres du MJS qui peuvent contredire cette probabilité. Lecture.

Les règlements de comptes personnels sont-ils en train, encore une fois, de prendre le dessus sur l’intérêt pur du sport en Algérie ? La tendance est pour le « oui ». Il ne semble pas que les choses aient beaucoup changé entre hier et aujourd’hui. En tout cas, pas pour Zetchi. On se souvient tous du malaise après le triomphe dans la CAN-2019. La Présidence, chapeautée alors par l’intérimaire Abdelkader Bensalah, avait organisé une cérémonie en l’honneur des Champions d’Afrique. Et le patron de la FAF, contrairement à des membres du staff et les joueurs, n’y a pas été décoré avec l’Ordre du Mérite national. Bensalah s’était vengé à sa manière pour une histoire de « manque de considération ». Lui qui avait débarqué, jour de finale, à l’hôtel des « Fennecs » sans prévenir et qui n’avait pas reçu l’accueil qu’il souhaitait. Une question d’égo.

Manque de prise de responsabilités
Après cet affront, le maître des lieux du siège de Dely Brahim a réussi à faire le dos rond. Mais ce n’est pas pour autant que sa posture fragile s’est solidifiée. Et les récents fâcheux événements sont là pour le prouver. Avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), que dirige Sid-Ali Khaldi, il n’est pas en odeur de sainteté. Bien qu’il ait essayé, plusieurs fois, de calmer le jeu et les esprits.
A la veille du premier anniversaire de la consécration africaine de l’EN, la FAF n’a pas été ménagée. Dans un message pour commémorer ce triomphe, Khaldi a omis de souligner le mérite de la structure footballistique et son premier décideur a été (maladroitement ou volontairement? à chacun son appréciation) zappé. Le successeur de Raouf Salim Bernaoui a félicité les joueurs, le staff technique, particulièrement le sélectionneur Djamel Belmadi, pour leur remarquable exploit. Pas un mot ni la moindre allusion à l’instance fédérale et celui qui la dirige. C’était quelques heures seulement après que la tutelle a refusé catégoriquement la tenue de l’Assemblée générale extraordinaire (AGEx) sollicitée par le Bureau fédéral (BF) il y a 5 jours. Conclave dans lequel les membres de l’Assemblée devaient statuer sur le sort à donner à la saison 2019-2020 toujours en suspens en raison du Coronavirus. Un autre épisode qui a accentué les tensions entre le MJS et la FAF. Zetchi n’a pas voulu prendre ses responsabilités. Et ça a clairement énervé les Autorités qui ont, dans un contexte socio-sanitaire tendu et compliqué, d’autres chats à fouetter.

Apaisement vain
Cette épine que le propriétaire du Paradou AC n’a pas balayée de la route des pouvoirs publics est en train d’anéantir les chances minimes de le voir se représenter pour sa succession. Bien qu’il ait assuré ne pas avoir l’intention d’être candidat « quelles que soient les circonstances », le remplaçant de Mohamed Raouraoua risque une sortie par la petite porte. Un peu « ingrat » pour quelqu’un qui « a tout mis en œuvre pour que l’EN soit dans les meilleures conditions en Egypte » comme l’a témoigné Belmadi. C’est aussi trop frontal pour un homme qui essaye, tant bien que mal, de ne pas aller au clash sachant que la FIFA lui garantit une certaine protection face à toute interférence étatique. « La FAF n’a aucun problème. Ni avec le MJS et encore moins les Autorités. Notre relation est professionnelle et l’intérêt du sport prime sur tout. Mais cela ne veut pas dire qu’on n’a pas le droit de discuter de certains aspects quand on n’est pas d’accord », avait-il lâché récemment. Pas sûr qu’il y ait réciprocité. n