Par Sihem Bounabi
Le ministère de la Santé a annoncé, hier, que la 7e tranche de la prime Covid devrait être versée dans les prochains jours aux professionnels de la santé.
A cet effet, des instructions ont été données par courrier officiel aux responsables des structures de santé pour remettre la liste des bénéficiaires de la prime Covid, au plus tard le 28 juillet en cours afin qu’elle soit transmise aux services concernés du ministère des Finances.
Suite à cette annonce, Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), a réagi en déclarant : «Les professionnels de la santé espèrent que la promesse de versement de cette prime Covid, au plus tard d’ici la fin de la semaine, soit tenue. Nous attendons que le ministère des Finances facilite les procédures pour cela.» Il ajoute à propos de ce geste qu’il exprime la bonne volonté du ministère de la Santé à apaiser les tensions et peut être perçu comme un premier pas vers la reprise du dialogue. Le président du SNPSP souligne que «ce que l’on attend surtout est que ce premier pas soit suivi par d’autres actions pour la reprise du dialogue, surtout concernant le dossier important de la réforme du secteur de la santé et la révision des statuts». Il précise ainsi : «On maintient notre position de refuser de cautionner le fait que le ministère œuvre à la mise en place des réformes dans le secteur de la santé en excluant les partenaires sociaux qui sont les premiers concernés.»
Ainsi le SNPSP, à l’instar de la majorité des syndicats de la santé, relance encore une fois l’appel au premier responsable du secteur pour instaurer un véritable dialogue social concernant les différents dossiers qui sont en cours, dont notamment la carte sanitaire et les statuts particuliers.
Par ailleurs, concernant la prime Covid, dont le ministère s’est engagé au versement de la 7e tranche dans les prochains jours, et au plus tard la semaine prochaine, il est à noter que le retard cumulé du versement de cette prime fait en sorte que même avec le versement de cette 7e tranche, il reste trois tranches qui n’ont toujours pas été versées à l’heure actuelle.
Techniquement parlant, le ministère aurait dû verser cette semaine la 10e tranche de la prime Covid, les 8e, 9e et 10e sont toujours attendues par les professionnels de la santé.
Selon les instructions du Président de la République, la prime Covid est trimestrielle et perdure tant que la pandémie de la Covid n’est pas terminée. La pandémie est toujours présente et marquée, en ce moment, par une hausse de contaminations qui continue à mobiliser les professionnels de la santé.
Pour rappel, afin de trouver une solution pérenne au cumul des retards dans le versement de la prime Covid, dès les premiers retards enregistrés, les syndicats avaient appelé à inclure la prime Covid dans la prime de contagion comme cela s’est fait dans la majorité des pays afin de contourner les lourdeurs administratives.
Selon les explications des professionnels, même si le ministre de la Santé donne des instructions pour finaliser la liste des bénéficiaires et que les enveloppes financières soient établies par le ministère des Finances, il faut une dérogation des services du Premier ministère. Une fois que cette procédure est accomplie, il faut attendre que la direction du budget du ministère des Finances donne des instructions aux inspections des finances de wilaya, puis les inspections régionales pour que les primes soient enfin versées aux bénéficiaires. Ainsi le cumul des retards s’explique par le fait que le versement de cette prime est toujours conditionné par l’aval du Premier ministère et les autorisations des services du ministère des Finances.
Afin de fluidifier la procédure, les syndicats avaient affirmé que le fait d’inclure la prime covid dans la prime risques de contagion permettrait de la classer dans la nomenclature budgétaire des établissements de santé.
Par ailleurs, concernant le dossier Covid, le ministre de la Santé avait récemment déclaré que la question de l’assurance globale à 100%, les bonifications de la retraite et le versement du capital décès était en cours de réalisation. Il a justifié le retard de l’application de ces mesures «pour des raisons de procédures administratives qui prennent un peu de temps», en affirmant : «Je vous assure que cela est en bonne voie et on espère rapidement pouvoir les appliquer sur le terrain.» n