Le feuilleton de l’Eniem continue de faire l’actualité. Le dernier rebondissement, celui du changement du PDG annoncé avant-hier, est venu secouer le cocotier et faire sortir la situation du statu quo qui n’avait que trop duré. La décision de changer de « tête » est avant tout une consécration du combat des travailleurs de l’entreprise publique. C’était l’une de leurs deux principales revendications. Il y a encore une autre, qu’ils réclament encore, celle de l’annulation du congé technique. C’est que le dossier est loin d’être clos. L’arrivée d’un nouveau PDG n’est qu’un épisode qui en appellera bien d’autres.
La mobilisation des travailleurs ayant donné des résultats (à moitié) satisfaisants ne devrait, cependant, pas faire oublier que d’autres combats sont attendus. Ils sont sans aucun doute imminents.
En premier lieu, il y a le plan de relance annoncé depuis deux mois par le ministre, Ferhat Aït Ali Braham, et dont les détails n’ont pas encore été dévoilés. Le contenu ne concerne pas uniquement l’Eniem. Du sort qui lui sera réservé en découlera celui de toutes les autres entreprises publiques en difficulté. D’où l’importance de ce dossier dont les répercussions risquent d’embraser un front social en ébullition.
A la tension constatée dans le secteur public, il faut également ajouter celle dans laquelle « nagent » les entreprises privées. Le président de l’ex-FCE, la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Samy Agli, est venu le rappeler, hier, lors de son intervention dans l’émission « l’Invité de la Rédaction » de la Chaîne III de la Radio algérienne. Sa déclaration, « la crise fragilise davantage nos entreprises qui sont en train de s’enfoncer », donne un aperçu du marasme dans lequel se trouve le secteur privé. En tirant l’alarme sur « la détresse économique » des entreprises privées, Samy Agli avertit sur le danger de l’inertie « déployée » par la bureaucratie, accusée d’être derrière l’accroissement de la crise économique actuelle.
Cette ambiance maussade semble surtout annonciatrice d’un « cycle » de décisions que le gouvernement ne devrait pas tarder à prendre. Rien n’assure que les solutions qui seront proposées seront bénéfiques, mais tout indique qu’elles ne passeront pas comme une lettre à la poste. Les prochains jours, les prochaines semaines présagent d’ores et déjà d’un hiver 2021 bien « chaud ».