Il ne s’agit pas encore de déconfinement, mais l’effet, aussi minime qu’il soit, est tout même là. L’annonce avant-hier du réaménagement des horaires de confinement partiel pour 19 wilayas, dont Alger et Jijel, a été bien perçue par leurs habitants. Avec le retour du beau temps et la période des vacances scolaires, la réadaptation des horaires vient à point nommé pour desserrer l’étau dans lequel se sentent étouffées les familles.
Si la capitale n’a pas vécu de troubles ou manifestations de mécontentement, Jijel, de son côté, la rue ne s’est pas contentée de gronder. Les manifestations nocturnes ont été une occasion pour les habitants de la région de clamer leur ras-le-bol devant le couvre-feu instauré dans le cadre du confinement partiel. Le wali aura finalement entendu l’appel de la population et a donc décidé de fixer le «couvre-feu» de 22H au lendemain à 5H. Même «topo» du côté de la capitale.
Les grands bénéficiaires de ces nouvelles mesures sont sans aucun doute les commerçants. Ces derniers ont été les grandes victimes de la Covid-19, et leur situation ne cessait pas de se détériorer au fil des jours. Leur désarroi était d’autant plus grand qu’ils n’arrivaient pas à s’expliquer pourquoi ils devaient restreindre leurs activités alors que les chiffres officiels des contaminations affichaient, depuis plusieurs semaines déjà, une tendance à la baisse.
Maintenant, il reste à savoir si ce sera suffisant pour que la situation socio-économique du pays puisse, même timidement, reprendre. A priori, c’est loin d’être acquis.
Si cette actuelle tendance à la baisse (ou plus ou moins stable) du nombre de contaminés persiste, tout indique que l’option «retour à la normale» va être actionnée. C’est en tout cas le sentiment affiché par les citoyens qui attendent avec impatience cette «sortie».
Une pression populaire qui se ressent de plus en plus et qui est accentuée par la cherté de la vie ressentie par tout le monde, surtout par les plus défavorisés. La patience et la peur de la pandémie ne peuvent pas demeurer indéfiniment. Le gouvernement et les walis vont devoir trouver les bons «remèdes» afin de canaliser la tension. Pour cela, pas besoin de cargaisons russes ou britanniques, mais de solutions bien algériennes.