Par Bouzid Chalabi
En dépit de l’arrêt de l’activité de quelques unités d’exploitation de mines et des carrières, enregistré ici et là durant le 4e trimestre 2018, le secteur a connu en cette période une certaine dynamique à travers le lancement d’un méga-projet d’exploitation de phosphate et la relance d’autres projets. C’est ce qui ressort d’une enquête d’opinion menée par l’Office national des statistiques (ONS), dont les résultats ont été rendus publics hier. Au registre des arrêts des activités, l’enquête a révélé qu’ils ont été surtout dus à des pannes d’équipements. Les responsables des entreprises concernées ont précisé que la durée des pannes était inférieure à six jours, les équipements en panne ayant été remis en marche.
Concernant le volet dynamique dans le secteur, l’ONS considère que ce sont le méga-projet d’exploitation de phosphate et la relance de projets qui ont donné un nouveau souffle à cette filière vitale. Cette appréciation, souligne l’ONS, repose sur les informations communiquées le
12 février dernier par le ministère de l’Industrie et des Mines. Il y est mentionné que parmi les projets inscrits figure celui relatif à l’exploitation et la transformation du phosphate à l’est du pays, à la faveur de la signature d’un accord de parteneuriat entre des entreprises algériennes et chinoises. Toujours d’après la même source, la concrétisation de ce méga-projet, dont le montant d’investissement s’élève à 6 milliards de dollars, permettra à l’Algérie d’être l’un des pôles mondiaux pour l’exportation des engrais, devant atteindre 2 milliards de dollars annuellement, après sa mise en service en 2022. Ainsi, précise le ministère dans son communiqué, la production nationale en phosphate passera substantiellement de 1,2 million de tonnes actuellement, à environ 12 millions de tonnes, et qu’une grande partie de cette production sera transformée en engrais, tandis que la partie restante sera exportée, ajoutant qu’il prévoit (le ministère) l’éventuelle création, à l’avenir, d’un autre complexe d’engrais. Le communiqué indique, par ailleurs, que dès cette année, il sera procédé à la modernisation de l’exploitation des mines de fer d’El Ouenza et de Boukhadra (Tébessa), dans l’objectif d’augmenter la production pour passer de 1,2 million de tonnes/an à 3,5 ou 4 millions de tonne/an, en vue de répondre à la demande croissante des usines sidérurgiques. S’ajoutent à cela d’autres projets qui sont en cours d’étude comme la construction d’une usine pour l’exploitation du gisement de manganèse. Autre résultats de l’enquête trimestrielle de l’office, la majorité (70%) des industriels concernés par l’enquête disent avoir satisfait les commandes reçues et gardé des quantités en stock. Concernant les effectifs, les industriels ont relevé une hausse du personnel durant le dernier trimestre 2018. La presque totalité des industriels concernés par l’enquête sont «satisfaits» du niveau de qualification du personnel et disent ne pas avoir eu de difficultés à recruter. Cependant, la majorité des enquêtés ont déclaré être incapables d’embaucher du personnel supplémentaire sans renouveler leurs équipements. S’agissant de la santé financière de leur entreprise, les enquêtés ont jugé «normal» l’état de leur trésorerie, prévoyant une «stabilité de l’activité, de la demande, ainsi que des prix de ventes des produits, au cours des prochains mois», rapporte enfin l’ONS.