Une partie des 500 milliards de dinars de dépenses supplémentaires autorisés lors du dernier Conseil des ministres, dans le cadre de la loi de finances complémentaire pour 2018, alimentera l’augmentation de l’exploitation des mines de phosphate ainsi que la modernisation du port d’Annaba, où devrait être acheminé le minerai pour l’export.

Pourquoi précisément le phosphate et non, par exemple, le fer, auquel le gouvernement accorde un intérêt tout particulier ? La question a été posée à l’expert en économie et en développement, M’barek Malek Seraï. Il explique d’abord que «le phosphate n’est pas la seule ressource qui peut sauver notre économie durant les six ou sept prochaines années, mais ce qui rend cet élément important, c’est le fait qu’il est d’abord présent à ciel ouvert». «Il faut que ce produit brut soit valorisé notamment en le transformant en engrais. Dans ce domaine, il y de vastes champs pour la collaboration avec des sociétés suisses, autrichiennes, russes et allemandes, qui ont une grande expertise de cette industrie. Si les négociateurs algériens gèrent bien le dossier, notre pays peut avoir un partenariat très fort dans ce domaine», dit-il.
Concernant le développement du port d’Annaba, qui converge avec l’objectif d’exportation de phosphate, M. Seraï a considéré qu’un tel projet était une «nécessité, d’autant plus qu’il y a le volet environnement qu’il faut prendre en considération au niveau du port minier» d’Annaba.
«La production actuelle du phosphate dans notre pays est d’environ 1,2 million de tonnes par an, le gouvernement veut arriver à produire 12 millions de tonnes annuellement. Mais ce qui est vital, c’est, encore une fois, la valorisation du phosphate car en tant que matière première, le prix du phosphate brut reste minime sur les marchés internationaux».
Il est à signaler que durant le mois de novembre dernier, le ministre de l’industrie et des Mines a révélé dans un entretien accordé au magazine spécialisé «Oil & Gas Business» (OGB magazine) que les réserves de l’Algérie dans ce domaine étaient très importantes. «Nous estimons à peu près à deux milliards de tonnes les réserves connues de phosphate avec le taux d’exploration actuelle. En explorant davantage, nous sommes persuadés que les réserves sont beaucoup plus importantes», a-t-il assuré. «Nous nous attelons sur le court terme à la réalisation du projet d’exploitation et de la transformation du phosphate en engrais dans la région de Tébessa. Les études sont bien avancées et nous avons une idée bien établie sur les partenaires. Cela devrait nous permettre d’aller vite dans cet objectif», a-t-il déclaré optimiste.