En raison de l’accroissement et de la violence des conflits et guerres à travers le monde, le nombre de victimes de mines antipersonnel continue d’augmenter. Il a atteint 2 716 cas, sur 7 239 victimes des mines et autres restes d’explosifs de guerre en 2017, a indiqué l’Organisation des Nations unies (ONU)

, citant le rapport annuel de l’Observatoire des mines, publié par la Campagne internationale pour interdire les mines, en amont de la 17e Assemblée des Etats parties au Traité d’Ottawa, qui se tiendra du 26 au 30 novembre courant à Genève.

Ce bilan dramatique fait état d’un «nombre élevé de victimes dans les pays en conflit ou en proie à des violences endémiques». A l’exemple de l’Afghanistan et de la Syrie, où il a été enregistré un grand nombre de victimes de mines «improvisées», soit respectivement 1 093 et 887, alors que l’ensemble des victimes ont été identifiées dans 49 pays.

«Les forces de l’Etat islamique ont ainsi continué d’utiliser des mines improvisées en Irak et en Syrie, mais le manque d’accès par des sources indépendantes aux zones affectées rend difficile la confirmation d’utilisation nouvelle au cours de la période étudiée», souligne le même rapport. Outre l’EI, d’autres groupes armés ont eu recours à ce type d’armement dans «au moins huit pays», y est-il noté, citant l’Afghanistan, la Colombie, l’Inde, le Myanmar, le Nigeria, le Pakistan, la Thaïlande, et le Yémen.

Quant à savoir si des forces gouvernementales ont utilisé des mines antipersonnel, le rapport indique que seules celles du Myanmar l’ont fait d’octobre 2017 à octobre dernier. «L’Observatoire des mines n’a pas recensé ou pu confirmer l’utilisation de mines antipersonnel par les forces gouvernementales syriennes au cours de la période documentée», lit-on sur le document.

Il a été relevé que sur la liste des victimes, identifiées dans 49 pays, les civils viennent en tête avec un taux 87% en 2017, dont 47% d’enfants. Ces derniers étaient au nombre 2 452 l’année dernière, mais «le nombre réel de nouvelles victimes est probablement beaucoup plus élevé, compte tenu des difficultés à recueillir les informations dans les zones de conflit actuelles ou récentes», est-il précisé.

 «Les civils représentent de loin la majorité des victimes et les survivants ont toujours besoin d’un soutien bien après que les conflits soient terminés et que la dernière mine soit retirée», a ajouté Loren Persi, rédacteur de la section sur les victimes et l’assistance aux victimes du rapport 2018 de l’Observatoire des mines. Ce document montre aussi que «le nombre de nouvelles victimes de mines – industrielles ou de fabrication artisanale – et restes d’explosifs de guerre, reste exceptionnellement élevé pour la troisième année de suite. En 2016, 9 437 victimes avaient été recensées et 6 967 en 2015».

Par ailleurs, les pays ont poursuivi leurs efforts pour rendre sûres des zones précédemment minées, en déminant environ 128 km2 de terres, et détruisant 168 000 mines antipersonnel. «Parmi les 60 pays et autres territoires connus pour être contaminés par les mines, 34 étaient des Etats parties, qui prévoient le déminage de toutes les zones contaminées dans un délai de 10 ans. Seulement quatre d’entre eux semblent être en mesure de respecter leurs délais de déminage. La Mauritanie a achevé le déminage de son territoire en 2017», précise la même source.

Par contre, le rapport souligne que le financement international de l’action contre les mines a atteint un niveau record. En 2017, les donateurs internationaux ont contribué à un montant record de 673,2 millions de dollars pour l’action contre les mines dans 38 Etats et trois autres territoires, le niveau le plus élevé jamais enregistré sur plus de deux décennies de suivi des donations par l’Observatoire des mines. Pratiquement 80% du soutien international provenait de cinq donateurs, les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Union européenne, la Norvège et le Japon.

Il reste toutefois qu’en dépit de la hausse des financements, l’assistance aux victimes demeure en deçà des besoins, ne représentant qu’un peu plus de 2% de l’enveloppe totale du financement international de l’action contre les mines, soit 15,8 millions de dollars sur 667,2 millions de dollars.