Les communes montagneuses de Teraï Beïnen, Amira Arrès et Tassala Lemtaï, toutes situées dans la zone nord de la wilaya, à plus de quarante kilomètres de Mila, chef-lieu, subissent, malgré toutes les revendications citoyennes exprimées par les barricades et les rencontres avec les responsables à tous les niveaux, les affres de la misère, du chômage, du transport, du logement, de l’eau et du gaz naturel.

Toutes les revendications sont restées vaines, l’état des lieux stagne et n’est pas près de changer malgré les promesses données par les P/APC, le chef de daïra, le wali et les ministres en visite de travail lors de leur passage dans ces agglomérations. Des promesses jamais tenues. La dernière concerne le raccordement de ces trois communes au gaz de ville. Le ministre de l’Energie en visite à Mila, le mois précédent, a promis que les travaux débuteraient dès janvier. La promesse tiendra-telle ? Les citoyens ne croient plus aux promesses des responsables, leur attente a trop duré. Les responsables de la daïra de Teraï Beïnen, dont dépendent ces trois communes, peuvent se targuer de n’avoir pas privilégié une commune par rapport aux deux autres, car le constat est le même. Elles souffrent de façon chronique du manque d’eau, de l’inexistence de gaz de ville et du chômage. La grande majorité des populations de ces contrées ont quitté leurs douars, mechtas et petits villages respectifs pour aller chercher le confort dans des agglomérations où ils n’auront plus à courir après une bonbonne de gaz et attendre le passage des colporteurs d’eau pour remplir tous les récipients. N’importe quel habitant de ces communes vous criera son amertume et sa souffrance, car vivre en ces lieux, c’est tout simplement accepter de vivre replié sur soi-même et loin de la modernité et du savoir-vivre. Seules la bonbonne de gaz et l’eau occupent les jeunes et moins jeunes. En hiver, lors des chutes de neige, c’est le calvaire au quotidien. Le chômage est l’autre mal qui ronge les jeunes et moins jeunes de ces communes, car à l’exception des administrations locales et des établissements scolaires, aucune autre alternative de travail n’existe. Aussi « l’émigration » vers les grandes villes du pays tient-elle une place primordiale dans le choix des jeunes en âge de travailler. Dans les villes où ils « émigrent », ils travaillent généralement comme manœuvres, serveurs dans des cafés ou des restaurants et ne rechignent devant aucune offre d’emploi. Les habitants d’Amira Arrès, Teraï Beïnen et Tassala Lemtaï, malgré toutes les difficultés qu’ils vivent et malgré toutes les promesses non tenues, croient qu’un jour viendra peut-être où leurs enfants vivront des jours meilleurs, sait-on jamais. Se chauffer au gaz de ville, voir des robinets couler à flots dans leurs maisons, habiter des logements décents et travailler sont les vœux des habitants de ces contrées montagneuses en mal de « défenseurs ».