Les habitants de Sibari verront-ils un jour leurs revendications satisfaites, eux, qui depuis plusieurs années se battent pour le gaz de ville et autres aménagements à même d’améliorer leurs conditions de vie ? Sibari, un hameau de la commune de Grarem Gouga, situé en pente et limitrophe du bassin de Beni Haroun, classé zone à risques de glissement de terrain par des experts en géologie et en géophysique en 2005, ne disposent pas de gaz de ville, une énergie que les habitants désirent ardemment. Les canalisations transportant cette énergie ne se trouvent qu’à quelques mètres des habitations. Le risque de glissement de terrain et l’impossibilité de raccorder leurs habitations au gaz de ville sont à l’origine du déménagement d’un grand nombre de ses habitants vers d’autres localités de la commune ou hors wilaya. Ceux qui y sont restés ont accepté leur sort, se contentant de gaz butane avec l’espoir de partir un jour vers d’autres cieux et de disposer du gaz de ville. La réalisation d’une base nautique, dotée de toutes les commodités, à Sibari, sur les rives du barrage et son raccordement au gaz de ville a, depuis, quelque temps, éveillé les consciences des habitants qui n’ont depuis cessé de manifester leur colère à l’encontre de l’Etat. La RN 27 reliant Jijel à Constantine a maintes fois été fermée à la circulation routière, les usagers en ont vu de toutes les couleurs. La colère ne s’est toujours pas dissipée. Les habitants ne comprennent toujours pas pourquoi la base nautique dispose de gaz de ville alors que leurs demeures ne le sont pas ? Pourquoi ce qui est permis à la base ne l’est-il pas pour les Sibariens ? Si Sibari est une zone à risques de glissement, pourquoi y a-t-on construit une base nautique ? La question mérite réponse de la part des responsables locaux. Les fermetures de routes et les rassemblements devant les sièges du chef-lieu de commune et de la wilaya ont fini par faire abdiquer les responsables qui, en fin de compte et sous la pression constante des habitants, ont accepté de charger un bureau d’études de procéder aux analyses géologique et physiologique du sol de Sibari aux fins de confirmer ou infirmer les résultats de la première expertise réalisée en 2005.