Avant-hier lundi aux environs de 14 h, des dizaines d’habitants de la daïra de Terrai Beinen se sont rassemblés pacifiquement devant le siège de la mairie, pendant plus de deux heures, pour exprimer leur mécontentement envers les pouvoirs publics et revendiquer la construction d’un hôpital ou à défaut d’une maternité et l’alimentation en eau potable et en gaz de ville de toutes les agglomérations de la daïra (un sujet que nous avons traité dans une de nos récentes éditions).

L’accouchement d’une parturiente dans une voiture, le décès du nouveau-né et la mort, trois jours plus tard, de la mère au CHU de Constantine après que cette dernière ait été ballotée entre les structures sanitaires de Beinen, Redjas, Oued Athmania et Constantine à bord d’une voiture alors que la moindre des choses, selon les citoyens que nous avons abordés à Beinen sur le lieu de la manifestation, aurait été de réquisitionner une ambulance à la défunte. C’est, selon les manifestants, la goutte qui a fait déborder le vase. « Ce n’est pas la première fois qu’une parturiente meurt ou accouche dans un véhicule, c’est devenu courant dans la daïra de Beinen. Cela doit cesser. La réouverture de l’ex-centre de santé de Bardou (Beinen) transformé en caserne militaire durant la décennie noire, fermée depuis le départ des militaires, est leur revendication première. La polyclinique de Beinen ne dispose ni de gynécologues, ni d’ambulances, ni de sages-femmes, aussi les médecins y travaillant ne s’occupent que de petits soins. Elle ne sert pratiquement à rien selon les manifestants. Les citoyens de la daïra de Beinen ne veulent plus que leurs épouses et nouveau-nés meurent dans des voitures. Le maire de la commune de Terrai Beinen qui nous a reçus dans son bureau a jugé les revendications des citoyens légitimes. Le gel de la construction d’un hôpital prévu à Beinen a été levé, les travaux de raccordement des localités de la daïra en eau et en gaz débuteront incessamment et toutes les dispositions ont été prises par les pouvoirs publics pour l’entame des travaux, a-t-il tenu à nous préciser. Ce n’est plus qu’une question de temps a-t-il ajouté. Concernant l’ancien centre de santé transformé en caserne militaire, le maire nous a déclaré que la somme allouée pour sa réhabilitation s’est avérée insuffisante, mais qu’une rallonge financière complémentaire pour l’achèvement des travaux est prévue. Les citoyens sont, selon leurs dires, prêts à aller jusqu’au bout pour faire aboutir leurs revendications. Vivre dans la daïra de Terrai Beinen, c’est tout simplement courir après une goutte d’eau, courir après une bonbonne de gaz butane et courir après un véhicule pour transporter les malades vers les structures sanitaires les plus proches du territoire administratif de la daïra.