Qui arrêtera la flambée des prix des voitures d’occasion ? Entre les offres des acheteurs et les «c’est encore loin» des vendeurs, l’on croirait être dans une «vente aux enchères» à faire uniquement monter les prix, car généralement les deux parties n’aboutissent que rarement à un quelconque accord sur le prix.

Les prochaines semaines seront décisives quant aux nouveaux tarifs des voitures d’occasion, la rumeur et le bouche à oreille font jaser et les vendeurs et les acquéreurs. La confiance a cédé la place au doute et chacun des « protagonistes » s’agrippe soit à son offre soit à son prix de vente. L’on murmure partout que le marché de véhicules fera parler de lui en 2017 au vu des prix du « neuf » affichés par les constructeurs et les concessionnaires de véhicules. Aussi vendeurs et acheteurs repartent généralement bredouilles. Les marchés de véhicules de Zéghaïa et de Ferdjioua, qui se tiennent respectivement, le samedi pour le premier et le jeudi pour le second, accueillent des centaines de véhicules immatriculés dans plusieurs wilayas du pays, particulièrement de Jijel, Constantine et Sétif, wilayas limitrophes, des «presque neuves » et des « première main» comme se plaisent à le répéter les vendeurs. « Les prix du neuf ont atteint des sommes astronomiques à donner le tournis » est le refrain de tous les vendeurs, plutôt les « smasria ». Ils en parlent comme si tous voulaient acquérir des voitures neuves, ils sèment le doute chez tous les potentiels acquéreurs et réussissent admirablement bien dans leur mission consistant à faire monter les prix. « Mazal biîd » « Biîd bazef » reviennent souvent dans les réponses des vendeurs aux offres des éventuels acheteurs. Au marché de voitures de Ferdjioua, où nous nous sommes rendus, vendeurs et acheteurs se regardent tels des chiens de faïence, chacun refusant de s’aventurer dans la proposition d’une offre d’achat ou de vente de peur de « tomber sur la tête », c’est-à-dire proposer une belle offre à un véhicule qui ne le mériterait pas. « Je préfère garder mon véhicule que de vendre à ce prix, peu importe la proposition faite par l’acheteur. » « Si je vends ma Logan 2009 en très bon état à 95 millions, j’aurais des difficultés à dénicher une voiture meilleure à ce prix. Je ne vends donc pas. J’attends une meilleure offre », nous avouera un vendeur rencontré dans ce souk. Quant aux prix « +10, + 5 et autres », il faut comprendre 100 millions plus les chiffres avancés. Même les vieilles voitures, à l’exemple des Renault 4, R12, 504, R19, R21, « encore en vie », exposées à la vente, affichent des prix jamais égalés auparavant. La peur de vendre et de ne pouvoir acheter plus tard est le syndrome qui habite vendeur et acheteur, c’est le constat que nous avons fait lors de notre virée dans le souk de Ferdjioua.