A Mila et autres agglomérations de la wilaya, l’heure n’est plus à la viande et aux fruits et légumes, mais aux vêtements et aux chaussures pour enfants. L’Aïd el fitr étant en point de mire, les enfants, coutume oblige, se doivent d’être beaux, bien habillés et bien chaussés même si pour cela toutes les économies de la famille doivent y passer. Faire plaisir aux enfants est sacré pour toutes les familles algériennes. Aussi, ce n’est pas un hasard si depuis deux ou trois jours, après la rupture du jeûne, les boutiques sont littéralement assaillies par les familles mileviennes en quête de beaux habits à des prix raisonnables. Les magasins sont surtout bondés de femmes et d’enfants, la présence masculine y est presque absente. Même au niveau des petits villages, ce sont les femmes, jeunes et moins jeunes, clairvoyantes et perspicaces, qui s’occupent de l’habillement de leurs rejetons. Au contraire des hommes, elles se font rarement arnaquer ou flouer par les vendeurs. Les femmes, avant tout achat, font plusieurs magasins, comparent les prix, la qualité du tissu et le « made in » pour, ensuite, décider. Elles sont également meilleures négociatrices au moment de payer. Les prix affichés dépassent parfois l’entendement, les petites bourses ne trouvent que rarement chaussure à leurs pieds, tout est hors de portée de leur maigre salaire. « Les prix sont très chers, c’est inconcevable, les commerçants sont de véritables vautours, ils sucent le sang des citoyens et, comble de l’ironie, prétendent qu’ils vendent à perte », nous avouera un homme dépité par la voracité des commerçants. Au vu des prix affichés, l’on peut dire que vêtir trois ou quatre enfants, « des pieds à la tête », selon cette expression bien de chez nous, c’est dépenser toutes ses économies et s’endetter, c’est là toute la vérité.
Et entre faire plaisir à ses enfants, les voir sourire ou s’endetter jusqu’au cou, les familles préfèrent la première option. n