Plusieurs comités de quartiers ont pris en charge à travers les zones d’ombre de la wilaya de Mila l’organisation des citoyens y résidant de sorte à assurer le respect du confinement sanitaire partiel à domicile imposé de 19h00 à 7h00. Les animateurs des associations et comités de quartiers ont opté pour la voie de la sensibilisation aux risques de propagation de l’épidémie du nouveau coronavirus. A la mechta Tahmachet dans la commune de Chelghoum Laïd, le comité de quartier des habitants a eu ainsi pour première action l’organisation de la distribution de sacs de semoule qui faisait objet de pénurie dès l’apparition de l’épidémie du Covid-19. «Pour éviter aux citoyens les risques liés au contact interpersonnel, le comité a œuvré à acheminer la semoule directement à chaque ménage», a affirmé à l’APS, le président du comité, Bachir Tir. Le même responsable relève que le comité a pris l’initiative de contacter les autorités publiques concernées pour obtenir des autorisations exceptionnelles de déplacement vers le marché ce gros pour les ouvriers de cette mechta, journaliers au marché de gros de fruits et légumes de Chelghoum Laïd et dont la mobilité a été réduite du fait des mesures de confinement pour cause de suspension des transports en commun. M. Tir a encore ajouté son président, a en outre entamé l’élaboration des listes des familles ouvrant droit à l’aide financière décidée par le président de la république en cette conjoncture sanitaire exceptionnelle pour les remettre aux instances concernées «dans le but d’éviter le déplacement de ces citoyens vers le chef-lieu de la commune de Chelghoum Laïd, où un foyer de covid-19 est apparu». Dans la mechta Ain Thour, distante de 10 km à l’Est de Grarem Gouga, le comité de quartier a joué «un rôle majeur» dans la grande adhésion des habitants aux mesures de confinement partiel, assure, le président de ce comité, Saâd Boudjaâda. Et d’ajouter : «au cours de la seconde semaine du confinement sanitaire partiel, les membres du comité ont effectué des sorties de sensibilisation à travers les artères de la mechta pour sensibiliser les groupes de jeunes à regagner leurs maisons et respecter le confinement». Les actions insistantes de sensibilisation du comité a conduit ainsi la majorité des citoyens à veiller à vaquer à leurs courses et obligations en dehors des horaires de confinement sanitaire, soutient M. Boudjaâda. A Béni Ouekdène, mechta distante de 4 km du chef-lieu de la commune de Ferdjioua, le comité local fait montre du même sens de responsabilité face l’épidémie mondiale. «L’action du comité pour acheminer aux domiciles des habitants les sacs de semoule a consolidé le fonds de confiance du comité auprès d’eux et ont élevé à 95 % leur adhésion aux appels de respect strict des mesures de confinement», soutient son président Azzedine Hellou.
Pour le chargé de communication au groupement territorial de la Gendarmerie nationale de Mila, le commandant Mouloud Mezari, le respect du confinement sanitaire dans les zones d’ombre a atteint 98 % et s’explique par le fait que «ces petites agglomérations se caractérisent par la présence de personnes influentes dont les notables et présidents des comités de quartiers dont les orientations sont prises en compte par pratiquement tous». De son côté, le président du bureau de wilaya de la Fédération nationale des associations de quartiers, Mohamed Lechehili, a estimé que l’action des associations et comités de quartiers est «plus profonde que d’apparence» notamment en cette conjoncture qui exige une sensibilisation de proximité que «nul n’est plus habilité que ces comités pour s’en acquitter». Pour M. Lechehili, ces comités sont «un trait d’union» entre les habitants de ces zones d’ombre reculées et enclavées et les pouvoirs publics qui œuvrent à assurer la protection de tous contre l’épidémie. n