«Le centre universitaire Abdelhafid-Boussouf de Mila sera élevé au rang d’université. » C’est l’annonce phare faite par Tahar Hadjar, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique,

lors de sa visite à Mila, samedi, à l’occasion de la tenue, à la salle de spectacles de la Maison de la culture Moubarak-El Mili, d’une conférence nationale sur le rôle de l’étudiant et de l’université dans le renforcement de la stabilité et du développement national, organisée par le bureau national de l’UGEA et à laquelle ont pris part des étudiants venus de plusieurs coins du pays.

Le Centre universitaire Abdelhafid Boussouf réunit tous les éléments l’habilitant à être élevé au rang d’université, a en effet estimé Tahar Hadjar. Ces éléments sont les infrastructures, le nombre d’enseignants et l’encadrement pédagogique dont dispose ce centre, a encore affirmé le ministre assurant que son département œuvrera « prochainement » à promouvoir ce centre en université.
Selon les explications fournies au ministre, ce centre, ouvert en 2008, a vu son effectif estudiantin passer en deux ans de 5.500 à 11.000, alors que le nombre de ses places pédagogiques est passé durant la même période de 4 000 à 8 000 places.
Cette évolution infrastructurelle considérable permet au centre d’avoir une prochaine rentrée universitaire « plus confortable », a noté M. Hadjar.
La tenue de cette conférence a été également l’occasion pour le ministre de sensibiliser les étudiants sur les dangers de déstabilisation qui guettent le pays et qui tendent à s’intensifier ces derniers temps, preuves en sont les derniers évènements qui ont secoué quelques wilayas. Le ministre a appelé les étudiants à ne pas tomber dans le piège de la rumeur et de la manipulation fomentés par la main de l’étranger.
M. Hadjar a indiqué, à ce propos, que la jeunesse «a bien saisi la leçon de ce qu’a vécu l’Algérie durant la décennie noire», estimant que les étudiants universitaires «qui représentent l’élite peuvent influer sur les autres jeunes ». Un étudiant censé être instruit ne devrait, en aucun cas, croire tout ce qui se dit ou se transmet via les réseaux sociaux, a-t-il tenu à le leur rappeler. Considérant que le pays était visé de tous les côtés, il a évoqué « certaines parties» qui tentent de faire bouger les étudiants. Si certaines revendications, a-t-il dit à ce propos, «étaient logiques et objectives, d’autres sont déraisonnables », citant, à titre d’exemple, le cas de ceux qui demandent de « fermer certaines spécialités l’année prochaine pour permettre aux diplômés d’avoir plus de chance d’être employés » ou encore de « faire recruter tous les diplômés par une seule société ».
Dans ce cadre, le ministère de l’Enseignement supérieur, comme a tenu à le préciser Tahar Hadjar, prend en considération toutes les doléances des étudiants et s’attelle à les satisfaire dans leur totalité, l’avenir du pays n’en sera que plus radieux. M. Hadjar a exprimé, à nouveau, la disponibilité de son département à trouver des solutions aux revendications « objectives », appelant à « s’opposer à toutes les revendications qui procèdent de la manipulation ». Le ministère « attend de tous les étudiants de faire face à ces campagnes qui visent à semer la discorde et la zizanie parmi les enfants de l’Algérie comme cela s’était produit et se produit encore dans nombre de pays », a-t-il ajouté.
Les organisations représentatives des étudiants sont des partenaires et non des antagonistes et œuvrent pour le bien de l’étudiant et de l’université, a-t-il encore affirmé. Tout ce qui se trame à la base doit être connu de la hiérarchie.
La formation des professeurs universitaires et l’élaboration de projets à long terme de l’institution universitaire dans tous les domaines sont les autres sujets abordés par le ministre. Concernant l’opération d’audit interne des universités algériennes, qui a débuté hier à Alger pour une période six mois, M. Hadjar a indiqué que son département prépare depuis plusieurs années « une référence » qui permet d’évaluer la qualité de l’université algérienne.
M. Hadjar a indiqué préférer le terme « améliorer » le système universitaire à celui de « réformer », estimant que « le bon système est celui qui est capable de constamment se réviser et de revoir ses méthodes et programmes pour élever le niveau de l’enseignement supérieur ».
Le ministère, a-t-il dit, œuvre à introduire de nouvelles spécialités et abandonner certaines autres anciennes en plus de la formation et de l’encadrement des enseignants. Il a appelé à davantage de coordination entre les universités géographiquement proches dans le choix des spécialités pour favoriser la mobilité des étudiants. M. Hadjar a également évoqué la nouvelle vision de son département prévoyant, entre autres, la transformation de l’université de formation continue en une « université virtuelle » qui assure la formation continue des fonctionnaires
Notons que cette conférence nationale a réuni des représentants d’organisations estudiantines de 30 universités dont celles de Tlemcen, Oran, Tizi Ouzou, Chlef, Constantine et Mila. Son objectif est de favoriser la prise de conscience des étudiants des responsabilités qui sont les leurs, a souligné Moundhir Boudène, président de l’Union générale des étudiants algériens (UGEA), qui a noté que l’Algérie compte 1,5 million d’étudiants universitaires. Au terme des travaux des recommandations seront adoptées lors de cette rencontre, d’une journée, initiée par l’UGEA (Union générale des étudiants algériens).
Par ailleurs, au niveau du centre universitaire, le ministre a inauguré la bibliothèque centrale, 4 000 places pédagogiques, un bloc administratif, une cuisine et une salle de sports. Le ministre a également inspecté les chantiers d’une résidence universitaire de 1000 lits à livrer en octobre prochain et d’un réfectoire à la cité 2000 lits.