Pendant que les petites bourses courent après des « bouchées de pain » aux fins de nourrir leurs familles, et pendant que les prix des fruits et légumes et autres produits de large consommation augmentent de façon démesurée, des coureurs de sièges électoraux, généralement de nouveaux riches ou nouveaux cadres d’Etat ou de partis politiques, aiguisent leurs armes pour gagner un strapontin ou une « tête de liste » aux prochaines législatives qui auront lieu au mois de mai.

Les députés en fin de mandat, invisibles pendant cinq ans, reviennent, comme par enchantement sur les lieux de leur « sacre » et se font de plus en plus câlins et aimants, espérant « amadouer » leurs électeurs, une autre fois. Ils sont nombreux à viser ces postes qui les consacreront députés et leur assureront argent et respect de la part des autorités civiles et militaires et de leurs potentiels électeurs. La campagne a déjà débuté pour certains, ils promettent monts et merveilles, ne cessant de critiquer démesurément les «sortants» en fin de mandat, qui, selon eux, ne se sont occupés que de leurs intérêts personnels oubliant les citoyens. A la différence des «fins de mandat», eux, s’attelleront à défendre les intérêts des citoyens. C’est ce qu’ils promettent. Les deux grands partis que sont le FLN et le RND auxquels, il faudrait ajouter les partis islamistes, tâtent le terrain en proposant des noms, généralement des dinosaures, car, qui d’autre que ces derniers pourraient prétendre à un poste de député ? Les petits partis tentent de sortir la tête de l’eau mais sans aucune conviction, les partis précités les étouffent. Les citoyens, eux, savent depuis toujours qu’il faudrait être initiateur de liste ou avoir de l’argent pour prétendre à la députation, le reste ne fait que compléter les listes, parfois moyennant argent, promotion ou autres avantages. Le petit peuple, lui, pris entre l’étau et l’enclume du choix d’un représentant, sait pertinemment que voter ou ne pas voter est une arme à double tranchant pour les candidats. En effet, ne pas se rendre aux urnes, c’est « céder le passage » aux opportunistes de gagner sans gloire mais s’y rendre en force, c’est obliger ces derniers à accepter les « voix des urnes » ou les pousser à la fraude. La balle est dans le camp des électeurs mais aussi des représentants des partis appelés à suivre et surveiller les élections, sans cela le scénario des années passées se répétera. Les femmes candidates, sachant que la loi des quotas les favorise, ne veulent plus jouer les seconds rôles et c’est tout à leur honneur. Cet état de fait perturbe les plans des décideurs de listes, obligés de négocier avec ces dernières pour appliquer la loi des quotas. Les citoyens, assommés par tant d’années de promesse, ne savent plus à quel saint se vouer. Partis de presque rien, des députés, en fin de mandat, entrent dans le monde des affaires, placent leurs proches dans des institutions étatiques, créent des usines, accaparent des lots de terrain, roulent dans des véhicules dernier cri et construisent de châteaux. Qui ne voudrait pas devenir député ? Des députés honnêtes et sérieux, il y en a heureusement et il y en aura toujours. Tous les députés ne sont pas des loups. La course est lancée.