Redjas, le chef-lieu de la commune d’Oued Endja, au nord de la wilaya de Mila, une petite ville ou un grand village, c’est selon, où il fait bon vivre. Elle possède ce don inouï et irrésistible de séduire et de plaire à toute personne appelée à venir y travailler ou y passer quelques jours chez des familles autochtones ou venues d’ailleurs, aujourd’hui, définitivement installées et ancrées dans ce beau bled.

Le gaz de ville, l’eau, le téléphone, ces commodités qui font défaut ailleurs, agrémentent la vie des habitants de cette petite bourgade devenue petite ville, ces derniers ne se plaignent de rien, ils ont pratiquement tout. Une polyclinique, une banque, une antenne Sonelgaz, des subdivisions de tous les services, trois collèges d’enseignement moyen, deux lycées, sept écoles primaires, un centre de formation professionnelle, une bibliothèque municipale, un stade gazonné avec gradins, une salle de sports couverte, une Maison de jeunes, une agence ADE et autres services publics sont là pour servir les Redjassiens. C’est dire que ces derniers n’ont pas besoin de se déplacer ailleurs. Y vivre est synonyme de quiétude même si parfois de petits ennuis ou de mauvaises nouvelles viennent troubler la sérénité des lieux. Les écoliers, les collégiens, les lycéens et les stagiaires des établissements scolaires et du CFPA n’ont pas besoin de prendre le bus pour s’y rendre. Aussi ce n’est pas un hasard si beaucoup de familles issues d’autres agglomérations achètent des terrains et des logements à Redjas et viennent s’y installer définitivement, car à Redjas, la vie est simple et belle. Les jeunes de Redjas, pour la plupart ne travaillent pas et dépendent financièrement de leurs parents ou fratrie, c’est peut-être le plus gros souci des habitants de Redjas. Cette situation les pousse parfois à commettre des erreurs ou des actes répréhensibles punis par la loi. A l’exception de la consommation de psychotropes et kif traité, un mal qui tend à prendre beaucoup d’ampleur à Redjas, les autres délits et crimes sont rares, la ville est vraiment tranquille. On entend rarement parler de cambriolages ou vol, c’est le calme plat. Les jeunes, malgré une salle de sports, un stade, une bibliothèque et une Maison de jeunes, disent manquer de tout, ces institutions ne leur font pas oublier leurs ennuis. Ils disent ne se défouler que le jour des matches de football de l’équipe locale qui draine une foule nombreuse. Le stade affiche toujours complet, et ce jour est synonyme de fête, surtout si le club gagne. Les pessimistes, peu nombreux, heureusement, comparent Redjas à une prison ou à un cimetière alors que pour la grande majorité il y fait bon vivre et n’échangerait pas Redjas pour tout l’or du monde. Qui faut-il croire ? Le commerce autrefois moribond a fait un grand pas et a évolué de façon vertigineuse, des dizaines de magasins ont ouvert leurs portes et leurs propriétaires font de très bonnes affaires, les clients viennent des villages limitrophes. Les deux marchés, dont l’un couvert, construits en des endroits éloignés du centre-ville, boudés par les commerçants et les clients, sont aujourd’hui abandonnés et fermés et n’auront servi qu’à occuper des assiettes de terrain qui auraient pu accueillir d’autres projets. Un mauvais choix qui a mis à mal les Redjassiens. Des centaines de logements ont été construits à Redjas et chose remarquable des dizaines de personnes ayant résidé juste une année ou moins d’une année à Redjas en ont bénéficié pour ensuite les louer ou les vendre avant de repartir. Les rues de la ville, jalonnées d’arbres de diverses variétés, donnent à Redjas un caractère rural très attrayant et c’est un peu ce qui fait son charme et sa beauté. A Redjas, il fait bon vivre, c’est une vérité incontournable. n