De Ferdjioua à Mila, le long de la RN 79 (Constantine/Ferdjioua), en passant par Béni Guecha, Tiberguent, Rouached, Redjas, Zéghaïa, le centre et la résidence universitaire et l’entrée ouest de la ville de Mila ainsi que dans plusieurs autres points de la RN, sur les deux côtés de la chaussée, des jeunes et des enfants des deux sexes s’adonnent au commerce de fruits, légumes, mais particulièrement de maïs et de figues de barbarie.

Ces commerces «ouvrent», généralement, dans la matinée pour les fruits, légumes et figues de barbarie, et dès dix-sept heures pour le maïs. Des marchands ambulants possédant des camionnettes, des pères de familles s’y adonnent également. Les vendeurs occasionnels, des lycéens, des collégiens et des universitaires, pour la plupart jeunes et bien portants, prétendent qu’ils s’adonnent à ce commerce pour venir en aide à leurs familles trop souvent nécessiteuses, ils assurent aider leurs parents pour pallier les dépenses de la rentrée scolaire sachant que la plupart des petits vendeurs ont une fratrie nombreuse. Devant des braseros dont les cendres et parfois les flammes hautes attirent les regards de tous les usagers de la route, des enfants, torses nus ou en tee-shirts, shorts et casquettes made in, bravant la chaleur et tout sourire, invitent à l’achat de maïs grillés déjà prêts à être servis ou à être grillés sur place au cas où les éventuels acheteurs le souhaitent. Les enfants achètent le maïs dans les champs, auprès des agriculteurs. Beaucoup d’automobilistes s’arrêtent pour en acheter, certains le font par «envie» de goûter aux délices du maïs grillé, d’autres plus généreux, conscients que ces enfants sont dans le besoin, le font uniquement pour les aider. Beaucoup d’automobilistes, au cas où l’enfant serait en manque de petite monnaie à le leur rendre, s’abstiennent d’en demander et leur recommandant de garder la monnaie. D’autres automobilistes, cupides et avares, au lieu d’aider les vendeurs s’amusent à vouloir négocier les prix de vente proposés. Questionnés sur les bénéfices qu’ils font, les enfants, innocence oblige, avouent qu’ils en font beaucoup et qu’au bout du compte, ils pourront véritablement aider leurs parents et se permettre de nouveaux habits. Les vendeurs de fruits et légumes, généralement un seul fruit ou un seul légume, achètent également leurs produits chez les fellahs. Et tous sont unanimes pour dire qu’avant midi, tout se vend et qu’ils en tirent beaucoup de bénéfices. Certains enfants dont les parents possèdent des potagers et quelques arbres fruitiers se transforment également en vendeurs durant la période des vacances. Dès que les fruits et légumes sont mûrs, ils installent des étals juste devant leurs maisons pour vendre leurs produits. Pour ces derniers, tout est bénéfice et ils le clament haut et fort à qui voudrait les écouter. Le commerce rapporte et les enfants le savent bien aussi tous s’y adonnent en été. Et faut-il le souligner, il n’y pas seulement que les enfants de pauvres qui s’y adonnent, il y a des opportunistes et ils sont nombreux.