Fast-foods et pizzerias pullulent dans les petits villages comme dans les grandes agglomérations de la wilaya de Mila, un commerce qui rapporte beaucoup selon les dires de leurs propriétaires et qui tend à envahir toutes les rues.

Pizzas, brochettes, hamburgers, œufs durs, fromage, thon, viande hachée, se vendent comme des petits pains et le dernier arrivé des clients, aux alentours de midi, ne sera certainement pas servi. Il faut quitter son lieu de travail bien avant l’heure ou avoir du piston auprès du propriétaire pour se faire servir avant les autres. Les affaires marchent bien reconnaissent tous les pizzaïolos et les gargotiers que nous avons abordés. L’existence de ces commerces à chaque coin de rue fait partie du décor commercial des cités et quartiers. On en trouve même extra muros aussi ce n’est pas un hasard si plusieurs commerces d’alimentation générale, d’habillement et de fruits légumes se sont transformés en fast-food et pizzeria. « Ça ne demande que très peu d’efforts et les pertes sont rares car tout se vend parfois en un laps de temps record », nous dira un pizzaïolo fort connu à Mila et dont le local ne désemplit jamais. De la simple pizza à 10, 15 ou 20 dinars à celle plus chère, les chefs pizzaïolos vous proposent plusieurs recettes dont certaines vous font venir l’eau à la bouche. Pour les passagers d’un jour, les choix se font au gré de leurs portefeuilles mais pour les fonctionnaires et autres travailleurs journaliers à l’année, ils se limitent aux recettes les moins chères. Amar, fonctionnaire dans une administration étatique, lui, préfère les restaurants aux pizzerias car, nous avouera-t-il, quand il ne consomme que des pizzas, la faim le tenaille toute la journée. Seuls des repas chauds (pois chiches, lentilles, spaghettis….) sans viande et beaucoup de pain lui remplissent le ventre, comme il aime à le répéter à ses collègues. « Je préfère les pizzerias aux restaurants », nous avouera un maçon. Ajoutant que cela lui permet d’économiser quelques dinars en attendant le retour à la maison et la dégustation d’un grand plat de spaghettis ou de loubia. Outre les travailleurs, les jeunes sont des habitués des pizzerias. Ces derniers vous diront qu’ils préfèrent une pizza aux plats de lentilles ou de loubia que leurs mères ont préparés pour toute la famille. Même les mères de famille, femmes au foyer, éreintées par les efforts qu’elles fournissent en faisant le ménage préfèrent une ou deux boîtes de pizza à la préparation de mets. La pizza et les pizzerias ont encore de beaux jours devant elles.