Les vacances sont terminées, c’est aussi la rentrée pour les ménages. Depuis quelques jours déjà, les parents font les librairies-papeteries et les étals informels dressés un peu partout, dans pratiquement toutes les agglomérations, à la recherche des articles scolaires les moins chers, petit budget oblige, afin de pouvoir satisfaire la demande de leurs progénitures. Financièrement exsangues au vu des dépenses engendrées par le Ramadhan, les deux Aïd, les fêtes familiales et les vacances, les familles nécessiteuses et celles aux faibles et moyens revenus ne savent plus à quel saint se vouer. La plupart des commerçants ont affiché des notes sur leur devantures indiquant que « la maison ne fait pas crédit », un obstacle de poids. Les ménages à faibles revenus sont obligés d’emprunter de l’argent auprès de leurs amis ou de leurs proches pour pouvoir faire face à ces nouvelles dépenses. Et quand rien ne va, ce sont les mères qui «vendent » leur or pour couvrir les besoins des enfants. Les prix des articles scolaires diffèrent d’une boutique à une autre avec, cependant, cette particularité qu’il y a des fournitures de mauvaise et de bonne qualité. Quand c’est beau, c’est cher, et les enfants préfèrent le beau, principalement ceux qui rentrent pour la première fois à l’école. Aussi, quand ces derniers font leur choix du beau, les parents tentent vainement de les en dissuader mais les enfants finissent toujours par avoir le dernier mot. Pour les couples de un ou deux enfants, l’achat des articles scolaires ne pose généralement pas problème, mais pour ceux ayant une progéniture fort nombreuse, c’est un vrai casse-tête chinois, les parents voient de toutes les couleurs. Certaines familles, dont la situation sociale laisse à désirer ont, avec le temps et les dépenses qu’engendre la rentrée scolaire, enseigné à leurs enfants l’art de préserver et de prendre soin de leurs fournitures durant l’année scolaire afin de les réutiliser les années à venir. Un « art » qui permet de diminuer effectivement les dépenses. Crayons à mine, de couleurs, taille-crayons, gommes, ardoises, cartables, trousses, règles, stylos à plume, tabliers et plusieurs autres articles, s’ils sont utilisés convenablement peuvent servir plusieurs années, ce qui aux yeux des ménages permet de diminuer les dépenses et d’acheter uniquement le nécessaire, c’est-à-dire les cahiers. Comparativement aux années précédentes, les prix des fournitures n’ont pas, à l’exception de quelques articles, augmenté, ainsi les cahiers suivant le nombre de pages sont cédés de 25 à
140 DA. Les prix des sacs-à-dos et des tabliers ont littéralement explosé. Heureusement, les enfants ont été habillés de neuf lors de la fête de l’Aïd El Adha, des dépenses en moins. Cependant, malgré la cherté de la vie et le peu de moyens dont disposent certaines familles, les enfants iront à l’école et ce, quelles que soient les circonstances, la solidarité ayant toujours fait la force des Algériens, Il y aura toujours quelqu’un pour venir en aide à ces familles.