A une semaine de la célébration de la fête religieuse de l’Aïd el Adha, les places publiques, les marchés, les trottoirs, les esplanades, les alentours des cités et les périphéries des agglomérations de toute la wilaya de Mila pullulent d’ovins, de caprins et de bovins, il y en a de toutes les corpulences, des mâles et des femelles, des gros et gras, des chétifs et même des squelettiques.

Il y en a pour toutes les bourses. Les gros et moyens salariés se bousculent et se piétinent, chacun voulant décrocher le meilleur, le plus fort et le plus beau des béliers à un prix à leur portée. Et tous, sans exception, au lieu de parler d’offrande à Dieu, disent qu’ils le font pour leurs enfants, un vrai dilemme. Ne pas faire de sacrifice est, pour des pères de famille que nous avons abordés, lundi, au souk hebdomadaire de Zéghaïa, une localité située à dix kilomètres à l’ouest de Mila le chef-lieu de wilaya, une vraie humiliation, une perte de confiance en soi et une faiblesse aux yeux de leur progéniture. Les prix varient entre 25 000 et 30 000 DA pour les brebis, mais dépassent facilement les 50 000 DA pour les béliers. Les acheteurs, s’ils ne sont pas accompagnés par des maquignons, risquent fort de se casser les dents et de jeter leur argent car les arnaqueurs sont légion ces derniers temps et peuvent vous proposer des bêtes engraissées « à la finition », jurant par tous les saints que ces dernières n’ont mangé que de l’orge et autre nourriture noble. Et des pigeons, il y en aura à coup sûr. L’année précédente, des milliers de citoyens ont été arnaqués par des pseudo-éleveurs et maquignons leur ayant vendu des moutons bien portants dont la viande s’est décomposée, une fois les bêtes égorgées, une viande qui est allée remplir les bacs à ordures au grand dam des familles. Un homme averti en vaut deux car la rahma est loin d’habiter nos maquignons et éleveurs, l’argent seul compte. Les prix, comparativement à ceux de l’année passée, n’ont pas augmenté.