Pas moins de 2 217 harraga algériens ont débarqué sur les côtes espagnoles durant le mois de juillet. Une nouvelle déferlante après celle du mois de juin qui confirme, chiffres à l’appui, que l’immigration clandestine algérienne est de plus en plus importante et emprunte la «voie directe» vers l’Espagne.

Synthèse de Salim Benour
Selon Francisco José Clemente du Centre international d’identification des migrants disparus (Cipimd) et membre de l’ONG Heroes Del Mar, 2 217 harragas algériens ont débarqué sur les côtes espagnoles entre le 1er et le 31 juillet 2021. La même source indique que sur les 2 217 migrants, qui ont tenté l’entrée clandestine en Espagne, 1 417 ont été interceptées par la Guardia Civil ou les garde-côtes espagnols. Les 800 autres harragas ont réussi à déjouer le filet sécuritaire et à gagner le pays. En un mois, ajoute la même source, 842 Algériens ont débarqué sur les côtes d’Almeria, soit 90% des 938 migrants clandestins interceptés. A ce nombre, s’ajoutent les 28 migrants interceptés sur les côtes de la province de Granada, 80 migrants du côté d’Alicante et 220 autres à Murcie. Avec les 247 harraga qui ont fait la traversée vers les Baléares, on arrive au chiffre de 1 417. Quand on ajoute les 800 clandestins qui ont réussi à passer en territoire espagnol sans être interceptés, le bilan du mois s’établit à 2 217. Depuis le 1er juillet, précise-t-on de même source, 120 barques sont arrivées clandestinement en Espagne dont 80 à Almeria et 17 aux Baléares. L’ONG relève un nombre de femmes et d’enfants de plus en plus élevé parmi les harraga algériens.
Selon Francisco José Clemente, près de 400 embarcations sont arrivées depuis le début de l’année 2021 à Almeria, considérée comme la plus proche des côtes occidentales algériennes.
Les Espagnols sont de plus en plus convaincus que ces migrations ne sont plus le fait de groupes de personnes désespérées en quête d’un «salut» européen, mais relèvent d’une activité lucrative de réseaux criminels organisés. Certains analystes espagnols disent craindre de faire face à «la pire vague d’immigration clandestine de ces 10 dernières années». En 2020, l’Espagne a été la première destination des harraga algériens. Sur les 41 000 migrants arrivés en Espagne, 11 200 sont de nationalité algérienne, selon la police espagnole. n