Deux navires humanitaires ont annoncé avoir secouru plus d’un millier de migrants dans la matinée d’hier au large de la Libye, évoquant ainsi une situation de «cauchemar».

Les deux navires actuellement dans la zone, l’Aquarius de SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières (MSF) et le Golfo Azzurro de Proactiva Open Arms ont secouru plus d’un millier de personnes dans la matinée. «C’est un cauchemar absolu en ce moment. Nous sommes bien au-delà de notre capacité, nous avons secouru cinq embarcations et il y en a encore trois en attente», a déclaré sur Twitter Ed Taylor, responsable MSF à bord de l’Aquarius. «Il n’y a pas assez de navires de secours dans la zone (…). Nous avons demandé du soutien mais personne n’est disponible», a-t-il ajouté. Les deux navires indiquent en effet que plusieurs opérations de sauvetage sont toujours «en cours».
Ce dernier indique également avoir constaté des «brûlures» dues au carburant, des blessures, des bébés «qualifiant ainsi cette journée de «difficile», a pour sa part commenté Proactiva sur Twitter.
Cette intervention intervient au lendemain, rappelons-le, de deux opérations de sauvetage de plus de 1750 migrants mercredi et jeudi dernier.
Selon l’ONU, les secours de ces derniers jours devraient porter à plus de 7 000 le nombre de migrants arrivés sur les côtes italiennes depuis le début de l’année, tandis qu’au moins 227 autres sont morts ou disparus en janvier au large de la Libye.
Quant aux deux navires professionnels de secours, le Diciotti des gardes-côtes italiens et le Siem Pilot, navire norvégien de l’agence européenne Frontex, étaient hier au port pour débarquer les plus de 1300 migrants secourus mercredi.
Face à cette situation, le sommet européen de Malte, qui se tient à La Valette, sera en partie consacré aux questions migratoires. Les chefs d’État de l’Union européenne devront décider de la politique à suivre avec la Libye, devenue le principal point de départ des migrants.
Jeudi dernier, le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, et son homologue libyen, Fayez al-Sarraj, ont signé un mémorandum d’accord visant à renforcer la lutte contre ce trafic. L’Italie s’est pour sa part engagée à fournir des moyens financiers, matériels et sanitaires pour soutenir les initiatives libyennes, depuis un renforcement des garde-côtes jusqu’à la mise en place de camps de rétention.
Dans le même contexte, l’UE a déjà commencé à former des gardes-côtes libyens. Un premier contingent de 78 hommes devait achever sa formation le mois en cours et ce, dans le cadre de son opération navale anti-passeurs Sophia, lancée en 2015.