Les franchissements illégaux des frontières extérieures de l’Union européenne par des migrants ont fortement augmenté au premier trimestre 2022, atteignant leur niveau le plus haut depuis 2016, selon des chiffres publiés mardi par l’Agence européenne Frontex.

Plus de 40.300 franchissements illégaux ont été détectés de janvier à mars, en hausse de 57% par rapport à la même période de 2021, selon les chiffres préliminaires de l’agence des garde-frontières et garde-côtes. Ces traversées irrégulières avaient atteint 284.525 au 1er trimestre 2016, dans la foulée de la crise migratoire de 2015. Pour le mois de mars 2022, ils ont augmenté de 29% (près de 11.700) par rapport à mars 2021, souligne l’agence, précisant qu’un franchissement peut être effectué à plusieurs reprises par une même personne. Pour la zone de Méditerranée orientale, ils ont plus que doublé (+ 132%, plus de 7.000) par rapport au 1er trimestre 2021, en particulier via Chypre où Frontex fait état d’un triplement (plus de 5.100) au cours des trois premiers mois par rapport au 1er trimestre de l’année passée. La route des Balkans occidentaux représente près de la moitié des franchissements irréguliers avec une hausse de 115% (plus de 18.300 avec un triplement en mars à 6.650). Celle d’Afrique occidentale a connu une augmentation de 70% (environ 5.850). Le nombre irrégulier de migrants qui ont tenté de franchir la Manche vers l’Angleterre au 1er trimestre a triplé par rapport à la même période de 2021: environ 8.900, en hausse de 190%. La moitié a été empêchée de tenter la traversée et l’autre a été secourue en mer. Pour les frontières terrestres du flanc oriental de l’UE, les franchissements illégaux ont été multipliés par huit pour s’élever à plus de 950, essentiellement en mars (plus de 600) après le déclenchement de l’offensive russe en Ukraine en raison des personnes fuyant la guerre qui ne sont pas passées par les postes-frontières réguliers, selon Frontex. «La vaste majorité des Ukrainiens est entrée légalement» dans l’UE, souligne l’agence.
(AFP)