Si le ramadan de l’année dernière était exceptionnel, celui de cette année ne manque pas d’«originalité». Ce sera pour les Algériens des retrouvailles avec un mois sacré qui a l’habitude, chaque année, de chambouler totalement le quotidien de chacun. Toutefois, cette fois, et depuis 2020, il y a un nouveau invité, qui s’est imposé à tout le monde, la Covid-19.
Certes, la situation s’est beaucoup améliorée entre les deux mois sacrés, mais le danger persiste encore. Les hommes de terrain ne le cachent pas et n’hésitent pas à tirer la sonnette d’alarme. Pour le Pr Belhocine, président de la cellule d’investigations et de suivi des enquêtes épidémiologiques et membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie de la Covid-19, il est important de noter que depuis plusieurs semaines les choses ont changé «avec l’apparition des variants dits britannique et nigérian». Il appelle à «beaucoup de vigilance et beaucoup plus de surveillance».
Même son de cloche de la part du Pr Kamel Senhadji, Directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), qui avertit sur la dangerosité des variants ayant «un impact sur l’efficacité immunitaire de l’organisme, mais aussi des vaccins».
Pourquoi faut-il être attentif à ces recommandations ? La principale raison est de ne pas oublier que «mieux vaut prévenir que guérir». Un adage qui va si bien au paysage algérien actuel. Faire attention, c’est éviter de se retrouver dans des établissements de santé sans moyens adéquats et qui, pour la plupart, sont loin de répondre aux critères de base pour soigner les malades. A cela, il faut ajouter que la prise en charge sera sans aucun doute déficiente. Ce ne sera pas dû à un manque de compétences au niveau hospitalier, mais à cause de la démotivation du personnel médical. La grève déclenchée, mercredi dernier, par plusieurs syndicats du secteur, a donné une idée sur le désarroi des professionnels de la santé.
Tout faire pour rester en bonne santé et pouvoir passer ce mois de ramadan dans les meilleures conditions, c’est ce qui devrait être les priorités des citoyens. La Covid-19 est là, ses variants également, et il n’y a aucune assurance, en cas de contamination, d’une guérison. Oui, mieux vaut…