Le centre international des conférences, Abdelatif Rahal, abrite, depuis hier, la première conférence nationale sur la micro-entreprise et l’entrepreneuriat en présence de cinq ministres, les patrons du FCE et de l’UGTA, ainsi que plusieurs directeurs généraux d’entreprises et d’organismes, mais surtout beaucoup de jeunes entrepreneurs ou porteurs de projets.

La rencontre est organisée sous forme de sessions plénières, suivies d’ateliers thématiques et de séances de speed dating entre jeunes entrepreneurs et directeurs d’organismes et d’entreprises publiques et privées.
Mourad Zemali, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a été le premier à intervenir. Ce dernier a mis l’accent sur le programme du président de la République en direction des jeunes, à travers les différents mécanismes d’encouragement et d’accompagnement des jeunes à la création d’entreprises. Il a dans ce cadre indiqué que plus d’un demi-million de micro-entreprises ont créées par des jeunes, générant 1,2 million d’emplois, et ce, grâce aux différents dispositifs d’aides à l’emploi. Cependant, a-t-il poursuivi, « nous ne sommes pas de ceux qui tombent dans le piège de l’autosatisfaction ». Nous sommes conscients, a-t-il souligné, que ces dispositifs ont besoin de renforcement et d’adaptation en vue de renforcer les points forts et corriger les points faibles, tout en affirmant que le gouvernement poursuivra son soutien aux mécanismes de créations d’entreprises au profit des jeunes. Il a cependant appelé les jeunes entrepreneurs à une nouvelle mentalité et à avoir l’esprit d’initiative et de création de microentreprises. En marge de la cérémonie, le ministre a annoncé la prolongation de l’échéancier préalablement fixé pour les entrepreneurs endettés. Ces derniers avaient jusqu’à la fin de l’année en cours pour le faire. Désormais, ils auront six mois supplémentaires pour s’acquitter de leurs dettes.
En outre, et pour contredire les affirmations alarmistes, M. Zemali dira que le taux d’échec ne dépasse pas les 20% et que parmi les 80% des entreprises qui ont réussi, certaines ont déjà commencé à exporter.
La forte présence des patrons d’entreprises publiques et privées témoigne de l’importance de cet événement. Cela permet également aux grandes entreprises de trouver des entreprises de sous-traitance.
La contribution de la formation professionnelle dans la création d’entreprises a été également longuement débattue. Le cursus offert par la formation professionnelle, le partenariat avec les entreprises ont été par ailleurs évoqués. Il s’agit d’adapter les formations aux besoins et exigences du secteur économique. Près de 500 spécialités sont désormais offertes par la formation professionnelle grâce au partenariat avec le secteur économique. 12 000 conventions ont été signées dans cette optique. Les départements ministériels, les organisations patronales ainsi que la centrale syndicale ont également signé des accords-cadres avec le secteur de la formation professionnelle. Il y a lieu également de mentionner le partenariat avec les dispositifs de création d’entreprises. Pour le ministre de la Formation professionnelle, le secteur participe activement dans le processus de création d’entreprises. Mohamed Mebarki indiquera que son secteur travaille en étroite collaboration avec le secteur économique pour adapter la formation aux besoins. D’ailleurs, il ne manquera pas de faire remarquer la forte employabilité des jeunes formés. En outre, il mettra l’accent sur l’apprentissage qui se fait généralement au sein des entreprises. 500 000 employés y ont bénéficié en 2016, avec tout ce que cela suppose comme effets sur la rentabilité des entreprises, mais aussi en termes d’avancement dans les carrières du personnel formé. Selon l’ANEM, 83% des jeunes formés trouvent un emploi. De son côté, l’ANSEJ affirme que 64% des porteurs de projets ANSEJ pour les onze premiers mois de l’année en cours sont issus de la formation professionnelle. Au programme de la première journée, outre le dossier de la formation professionnelle, dans les volets d’encouragement du projet et sa maturation, la création de l’entreprise, avec un intérêt particulier à la sous-traitance. D’ailleurs, la micro entreprise figure au cœur de la stratégie de développement comme les centres d’excellence qui sont le fruit de conventions signées entre le secteur de la formation professionnelle et certaines entreprises leaders, à l’image de Cosider, Peugeot, Lafarge ou encore dans le domaine de l’agriculture. S’étalant sur trois jours, cet évènement regroupe 700 personnes dont 600 jeunes stagiaires, étudiants, porteurs de projets et jeunes entrepreneurs.
Elle est co-organisée par les ministères, respectivement, du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, de la Formation et de l’enseignement professionnels, de la Communication, de la Poste et des télécommunications, ainsi que du Forum des chefs d’entreprises (FCE) et de l’UGTA.