La première conférence nationale sur la microentreprise et l’entrepreneuriat s’est poursuivie, pour sa seconde et dernière journée, pour aborder les thèmes qui intéressent le plus les jeunes, à savoir le financement et le management.

Avoir une bonne idée ne suffit pas. Beaucoup de jeunes entrepreneurs l’ont compris à leurs dépens. Entre les écueils bancaires et administratifs, d’autres soucis viennent se greffer pour compliquer davantage la tâche des jeunes entrepreneurs pas forcément préparés pour être à la fois gestionnaires et créateurs.
C’est, d’ailleurs, pour cette raison qu’une organisation patronale comme le FCE a ouvert ses portes aux jeunes, à travers Jil FCE. Sid-Ahmed Tibaoui, vice-président du FCE, a longuement évoqué le parrainage et le coaching des jeunes dans son intervention. Grâce à leurs expériences, les entreprises membres peuvent conseiller et orienter les jeunes.
En outre, il existe de nouvelles formes jusque-là non exploitées, à l’image des investisseurs qui sont prêts à accompagner et à aider ces jeunes à mieux structurer leurs projets. Sous d’autres cieux, il existe des coaches pour soutenir les start-up. Car, selon M. Tibaoui, « il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées de départ. Il faut prévoir la suite ». Il y a également les « Business Angels », une notion que l’Etat prend en charge, pour le moment, à travers les dispositifs Ansej et Cnac. Pour sa part, Abdelkrim Voudrai, directeur général d’Icom, évoquera les secrets de réussite d’une microentreprise. Les entreprises naissent par la volonté et l’imagination de l’entrepreneur, mais meurt par l’absence de management. On ne devient pas manager du jour au lendemain, cela demande du temps, de la patience et de la persévérance. C’est dans ce sens que deux exemples de réussite ont été présentés à l’assistance. Il s’agit du groupe ETRHB, d’Ali Haddad, et du groupe familial Faderco, représenté par Ameur Habes.
Tous deux ont raconté leurs parcours respectifs et livré quelques secrets de leur réussite. Faderco est passé du stade d’entreprise qui fabriquait des cotons-tiges à ses débuts, dans un local réduit aux Eucalyptus, à une entreprise qui emploie 2 000 personnes et qui exporte ses produits. Mais de l’aveu de son patron, elle a besoin de jeunes entrepreneurs pour ne pas être en panne d’innovation.
Ali Haddad, lui, est à la tête d’un groupe qui réalise près d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires et qui emploie 15 000 personnes.
Le groupe compte exporter pour trois milliards de dollars d’ici à 2020, notamment le ciment, l’acier et les charpentes métalliques. Président du FCE, il affirmera que son organisation, dont le chiffre d’affaires est estimé à plus de 40 milliards de dollars, est prête à accueillir les jeunes entrepreneurs, à les orienter et à leur éviter les erreurs et à leur faire gagner du temps. Tout en estimant que la crise financière actuelle est moins grave que celle de 1986. Le climat d’affaires est loin de celui de la décennie noire. Ali Haddad dira qu’il y a de la place pour tout le monde. Il citera l’exemple de l’agriculture, où seules 2 à 3% des capacités sont exploitées.
Lui emboitant le pas, le secrétaire général de l’UGTA a fait un plaidoyer pour les jeunes. « Ce sont des acteurs économiques et non des assistés sociaux ». Applaudi par les jeunes, Abdelmadjid Sidi-Saïd a fait part d’une série de propositions, tout en rappelant que l’UGTA a été à l’initiative de l’idée de création de l’Ansej, en 1990, avant d’annoncer que cette formule sera une référence internationale et que des jeunes vont avoir la chance d’en parler, en 2018, au niveau du BIT. Par ailleurs, il s’étalera sur les difficultés rencontrées par les jeunes entrepreneurs, plaidant pour la suppression de la clause du local pour obtenir un prêt bancaire, mais aussi des allègements fiscaux en leur faveur. Dans les débats, les jeunes ont vidé leurs sacs, notamment en ce qui concerne les difficultés rencontrées, que ce soit le financement, le foncier ou encore le cadre légal et bureaucratique. Cependant, des pistes ont été ouvertes pour les projets prioritaires, que ce soit le secteur de l’automobile ou la sous-traitance.
La ministre du secteur a tenu à soutenir les propos du patron de la Centrale syndicale, en affirmant que « les jeunes doivent être une énergie et non une charge sociale ». Imen Houda Feraoun a annoncé pour sa part le lancement prochain d’un nouveau produit, le wifi out door, qui sera exclusivement accordé par l’ARPT en faveur des jeunes, excluant les opérateurs de téléphonie mobile. Elle a critiqué cette mentalité chez les jeunes consistant à vouloir tout de suite réaliser des bénéfices et rembourser les crédits, affirmant dans un langage direct que ce ne sont pas toutes les start-up qui réussissent. Mme Feraoun a affirmé par ailleurs, en marge des travaux, que le projet de loi relatif à la poste et aux télécommunications n’a pas été gelé par le gouvernement, mais suite à une demande des députés qui voudraient avoir plus de temps pour étudier ce texte technique, en ajoutant qu’il n’y a pas de lieu de polémiquer là-dessus.