Par Nadir Kadi
Le Directeur général de l’Agence nationale de gestion du microcrédit (Angem), Abdelfateh Djebnoune, a fait savoir, hier, que la structure qu’il dirige sera «prochainement liée» par un «accord-cadre» avec le secteur de «l’assurance et de la réassurance». Un accord que prépare «actuellement» le ministère de la Solidarité nationale et qui devrait, à terme, aboutir à une «obligation» de renouvellement annuelle des assurances pour les bénéficiaires de microcrédit de l’Angem. Le responsable a en ce sens déclaré sur les ondes de la chaine 1 de la Radio nationale : «Aujourd’hui, le recours à une assurance reste un choix, mais je pense que nous devons changer la loi (…) et aller vers l’obligation de l’assurance.»
Modification de la réglementation qui serait, avant tout, motivée par le faible nombre des petites et moyennes entreprises couvertes par des contrats d’assurance contre les catastrophes, le vol de matériel ou même les accidents de travail. Abdelfateh Djebnoune laisse, cependant, entendre que le «coût» du dédommagement des victimes des derniers incendies a été l’élément déclencheur pour les responsables du ministère de la Solidarité : «Les feux qui ont touché certaines wilayas du pays nous poussent avant tout à réfléchir comment sensibiliser davantage en faveur de l’assurance.» Le département de la Solidarité nationale, duquel dépend l’Angem,«travaille à l’élaboration d’un accord préliminaire entre l’Angem et l’Union des professionnels de l’assurance et de la réassurance».
Obligation d’assurance qui entraînera, cependant, des «dépenses» supplémentaires pour les porteurs de projet lancés dans le cadre des microcrédits, d’autant que la législation actuelle laisse une certaine liberté à l’entrepreneur : «Durant la première année d’activité, les bénéficiaires des crédits sont obligés d’avoir une assurance (…) mais nous avons constaté qu’après ce délai, ils ne renouvellent pas forcément leur police d’assurance.» Abdelfateh Djebnoune, qui indique que l’Angem a financé près de 950 000 projets depuis 2005, reconnaît dans cette même logique qu’un tel marché «suscite les convoitises» du secteur des assurances. Il rassure toutefois en faisant savoir que «des «contreparties devront être négociées», notamment des réductions de prix des contrats d’assurances pour les bénéficiaires de l’Angem «issue des catégories pauvres, fragiles de société (…) Le président de l’Union des assurances et réassurances nous a fait des promesses. Il y aura des avantages dans le cadre de l’accord».
Quant à la date d’entrée en application de ces nouvelles dispositions, le Directeur l’Agence nationale de gestion du microcrédit ne donne, pour le moment, aucune information mais annonce, toutefois, que la structure qu’il dirige a lancé une campagne de sensibilisation «dans plusieurs communes puis dans toutes les wilayas» pour inciter les entrepreneurs à recourir aux assurances. Par ailleurs, et dans un autre registre, Abdelfateh Djebnoune a indiqué, hier, que le travail de l’Angem a permis la création de plus de 1,3 million emplois directs et indirects depuis 2005. Il annonce, par ailleurs, le financement de «39 000 projets en 2021», notamment 7 000 pour l’achat de matériel et en faveur de «l’économie verte». «Notre but est de créer de nouvelles activités.» Quant au contrôle de la viabilité des projets et de la pérennité des nouvelles entreprises financées par l’agence, Abdel Fateh Djebnoune explique : «Dans notre plan de travail de 2022, nous allons former 10 000 jeunes aux méthodes de gestion et de comptabilité (…) Ces formations permettront de donner plus de durabilité
à leur entreprise».