Deux journalistes ont été assassinées lundi 9 mai au Mexique, ont indiqué les autorités judiciaires, ce qui portent à onze le nombre de professionnels de l’information tués pays depuis le début de l’année d’après le décompte d’ONG, principalement dans des Etats en proie à la narco-violence. Yessenia Mollinedo, directrice du portail d’informations El Veraz, et Sheila García, cameraman, ont été tuées par balles à Cosoleacaque dans l’Etat du Veracruz (est), a indiqué le parquet dans un communiqué. « On suivra toutes les pistes d’enquêtes » pour déterminer les mobiles du crime « y compris leur activité journalistique », a déclaré la procureure Verónica Hernández, citée dans le texte. Le gouvernement fédéral et le gouvernement de l’Etat de Veracruz « travailleront ensemble pour élucider leur mort. Nous nous engageons à ce qu’il n’y ait pas d’impunité », a assuré sur Twitter le responsable de la communication de la présidence de la République, Jesus Ramirez. Ce double homicide intervient quatre jours après l’assassinat jeudi de Luis Enrique Ramírez, éditorialiste du journal El Debate, dans l’Etat du Sinaloa (nord-ouest). Il s’agissait alors du neuvième informateur tué depuis le début de l’année, d’après les ONG de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontière (RSF) et Articulo 19. Articulo 19 « condamne et documente l’assassinat des journalistes Yesenia Mullinedo Falconi y Sheila Johana García Olivera », a indiqué l’ONG sur Twitter. RSF a juste partagé le message du parquet général annonçant l’ouverture d’une enquête.
D’après des activistes, des journalistes doivent exercer d’autres activités professionnelles en raison de leur situation précaire. Le gouverneur de Veracruz, Cuitláhuac García, a indiqué qu’un dispositif avait été mis en place pour arrêter les assassins. L’impunité est souvent la norme dans les assassinats de journalistes au Mexique. Lundi 9 mai, des journalistes ont manifesté dans le centre de Mexico pour demander « la fin de la violence et des assassinats de journalistes au Mexique ». Avec quelque 150 journalistes assassinés depuis 2000, le Mexique est l’un des pays les plus dangereux pour la presse au monde, d’après RSF. n