Un jeune homme de 22 ans, mis en cause dans le meurtre du jeune étudiant de 21 ans, a été placé en détention provisoire pour assassinat, après avoir avoué son crime. Cependant, le mobile reste encore flou. Du nouveau dans l’affaire du crime crapuleux commis il y a tout juste une semaine contre le jeune étudiant en troisième année médecine, Assil Belalta, dans sa chambre à la cité universitaire Taleb-Abderrahmane à Ben Aknoun. En effet, l’enquête conjointement menée par la police judiciaire et la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la wilaya d’Alger a porté ses fruits avec l’arrestation, vendredi dernier, du tueur d’Assil.
Présenté, hier, devant le juge d’instruction, près le tribunal de Saïd-Hamdine, l’assassin est passé aux aveux et il a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire. D’après les premières conclusions de l’enquête, le suspect est un étudiant en sciences commerciales et serait originaire de Bouzaréah, sur les hauteurs d’Alger. Une chose est sûre, «c’est une connaissance de la victime».
Par ailleurs, huit personnes ont été auditionnées au cours de la journée d’hier. Il s’agit, notamment, de deux agents de sécurité de la cité universitaire ainsi que des étudiants. Selon des sources judiciaires, ces derniers détiennent des informations sur l’affaire pouvant donner des informations sur la personnalité du suspect. Pour le mobile du crime, aucune information n’a filtré pour le moment. Certains parlent de crime «homophobe». L’auteur du crime, dont le nom n’a pas été divulgué, est en détention provisoire à la prison d’El Harrach. Concernant son procès, aucune date n’a été donnée. La présentation de l’auteur devant le juge s’est déroulée dans un climat tendu et sous haute sécurité.
Plus d’une centaine de policiers avaient été déployés autour du palais de justice de Saïd-Hamdine. Des fourgons antiémeutes étaient postés en face du palais, alors que les journalistes présents ont été priés de vider les lieux. Le cordon de sécurité de la police se voulait «préventif» pour empêcher une manifestation d’étudiants.
Pour rappel, le jeune Assil, âgé de 21 ans, était étudiant en 3è année de médecine résidant à la cité universitaire Taleb-Abderrahmane 2 de Ben Aknoun, sur les hauteurs de la capitale. Il a été retrouvé assassiné dans sa chambre dans la nuit de dimanche dernier.
le Débat sur la sécurité dans les campus relancé
Ce mois-ci, deux familles, l’une au Zimbabwe et l’autre en Algérie, ont pleuré leurs enfants, deux étudiants à l’université. En effet, une semaine avant le meurtre d’Assil, il y a eu celui de Prosper Nduszo, à Annaba, originaire du Zimbabwe. Alors que Prosper et deux de ses amis étaient à la recherche de provisions pour préparer leur dîner, trois jeunes malfaiteurs ont tenté de lui voler son portable.
Sa résistance face à ses assaillants n’a pas empêché l’un des malfrats de lui taillader la jambe à l’aide d’un couteau avant qu’un complice ne le poignarde au cou, et qu’ils ne prennent la fuite.
Les personnes impliquées dans cet homicide seraient âgées de 19 à 20 ans. Leur arrestation a eu lieu après une fouille minutieuse des différents quartiers de la commune de Sidi Ammar effectuée par les services de sécurité.
Par ailleurs, le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) a appelé à une conférence nationale avant le mois de mars prochain «en vue d’élaborer un plan clair et précis» pour mettre fin à ce phénomène. Le Conseil a plaidé pour «l’ouverture d’une enquête urgente sur le travail des sociétés de sécurité et de gardiennage chargées de garantir la sécurité au sein de l’enceinte universitaire, la prise de mesures urgentes pour assainir les résidences universitaires à travers le pays des intrus, ainsi que la poursuite en justice et la prise de sanctions à l’encontre de tout individu impliqué dans de telles affaires». n