L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a conclu, dans le cadre d’un avis d’appel international clôturé mercredi dernier, un contrat d’achat de 600 000 tonnes de blé tendre de France et d’Amérique du Sud. Selon les informations que nous avons recueillies à ce sujet, il s’agit là d’une bonne opération d’achat « car elle a été finalisée au moment où les cours des céréales primaires sont à la baisse ces derniers temps ». En effet, on apprend que l’OAIC a payé 10,5 dollars /tonne de moins que le précédent achat de 550 000 tonnes de blé de mouture opéré en janvier dernier. On peut avancer, si les cours continuent à baisser ou du moins rester à leur niveau actuel, que l’Office gagnerait à conclure au plus vite d’autres contrats d’achat. Et ainsi l’objectif du ministère de l’Agriculture de réduire de 1 milliard de dollars la facture des importations de céréales en réduisant, d’une part, les volumes d’importation et, d’autre part, par le jeu des cours à la baisse des céréales se profile à l’horizon. Faut-il rappeler dans ce sens que l’Algérie a décidé une restriction de ses achats de 2 millions de tonnes, en majorité du blé tendre, par rapport à l’an dernier, pour préserver les réserves en dollars. Le gouvernement avait, en effet, décidé, lors d’un conseil interministériel tenu en juin dernier, «la mise en place d’un comité de veille, de régulation, de contrôle et d’évaluation de la céréaliculture, auprès du ministre des Finances en associant les ministres du Commerce, de l’Industrie et de l’Agriculture. Chargé de concevoir une approche, claire est à court et moyen termes, en matière de rationalisation de la gestion et de l’importation des céréales». Ceci dit, on peut se demander si la campagne moissons-battage venait à se solder par une faible récolte comme beaucoup d’agronomes le craignent, conséquemment à la faible pluviométrie enregistrée jusqu’ici dans les régions du pays à vocation céréalière, le gouvernement ne va-t-il pas se retrouver contraint de revoir à la baisse ses objectifs de réduire la facture des importations de céréales primaires ? On peut avancer que dans ce cas de figure, l’OAIC se verra dans l’obligation de multiplier ses appels d’offres à l’international dans le but de satisfaire les besoins du pays en la matière. Toujours dans ce même ordre d’idées, il y a lieu de rappeler concernant les importations le recul des volumes lors du second semestre 2019 suite à la suspension, en juin 2019, des importations de blé dur notamment. Une mesure qui par ailleurs avait permis au pays de n’importer que 4 millions de tonnes contre 6,5 millions de tonnes en 2018 mais avec cette particularité : les importations de blé tendre sont restées cependant assez soutenues.
Pour rappel, l’Algérie reste l’un des plus grands clients de blé sur le marché international, avec des achats qui ont dépassé les 5 millions de tonnes ces dernières années avec un record historique de 6,35 millions de tonnes en 2008 contre 4,85 millions de tonnes en 2007.<