Le discours critique de certains partenaires de l’Algérie sur les mesures de restrictions sur les importations semble de plus en plus agacer. Une contrariété exprimée désormais par plusieurs acteurs dans les médias ou par voie de communiqué.

A l’instar de Mustapha Mekidèche, qui s’est dit hier étonné par les réactions de mécontentement exprimées par l’Union européenne à propos des mesures prises par l’Algérie concernant la limitation de ses importations, notamment de  la Zone Euro. Déclarant son étonnement que l’UE s’aventure à mettre les «pieds dans le plat», en s’adonnant à des critiques contre les décisions prises par les autorités algériennes «sur la base du principe de précaution et de sauvegarde», l’actuel vice-président du Cnes note le défaut d’attitude «plus compréhensive» de la part des partenaires économiques européens. Particulièrement en ce moment, rappelle-t-il, où l’Algérie est confrontée à une baisse drastique de ses recettes en devises. Il a estimé qu’il ne faudrait pas que les relations entre les deux rives ne doivent pas être réduites aux seules considérations commerciales. Or, relève-t-il, «d’après les réactions que nous entendons, ce principe ne semble pas avoir été suffisamment pris en compte». L’intervenant trouve curieux, par ailleurs, qu’au moment où l’Algérie met en place des politiques de diversification et de promotion du secteur privé, on lui fait «un faux procès». Ces expressions d’irritations viennent en écho à d’autres, dont des partis politiques, à l’image du Parti des travailleurs qui déclare enregistrer «avec satisfaction la fermeté des autorités algériennes face aux demandes grotesques qui participent de l’ingérence extérieure du Premier ministre espagnol et sa délégation».
Il considère que «les pressions et menaces émanant des responsables de l’UE doivent aussi trouver comme réponse une résistance franche, et qui traduit la défense assumée de la souveraineté du pays dans ses choix économiques». «La préservation effective de la production nationale exige le recours à l’article 11 de l’accord d’association qui stipule que toute partie a le droit de se retirer de l’accord lorsque la balance de paiement de son pays est déficitaire. Or, c’est le cas pour notre pays depuis quatre ans», notera le Parti des travailleurs.

Défaut de compréhension
Le FCE et l’UGTA avaient exprimé également leur «préoccupation» suite aux déclarations répétitives de hauts responsables d’institutions de l’Union européenne sur les mesures engagées par l’Algérie. Dans une déclaration commune, le FCE et l’UGTA avaient noté que ces mesures de protection ne remettent nullement en cause la volonté de l’Algérie de consolider sa coopération économique avec ses partenaires stratégiques dont l’UE fait partie. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia avait appelé, lors du Forum d’affaires algéro-espagnol tenu en début avril à Alger, à la «compréhension» des fournisseurs traditionnels de l’Algérie quant aux mesures de sauvegarde commerciales prises par le gouvernement.
«Je me dois de vous dire que l’Algérie traverse une période difficile financièrement du fait de la chute des prix des hydrocarbures, qui ont gravement affecté sa balance des paiements», avait-il souligné dans une démarche d’explication envers les partenaires. Cet agacement algérien semble intervenir après les déclarations de la Commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, devant les Commissions des Affaires économiques et des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française et de l’ambassadeur et chef de la délégation de l‘UE en Algérie, John O’Rourke. Cecilia Malmström avait, alors, estimé que «l’Algérie ne respectait pas ses accords commerciaux avec l’Union européenne. Il faudra évoquer, dans l’accord, les clauses de règlement de différends», a-t-elle averti. L’Algérie, faut-il le rappeler, avait demandé un report de trois ans du calendrier du démantèlement tarifaire, prévu par l’Accord d’association avec l’Union européenne. Celui-ci a donc été reporté à 2020. Le nouvel accord, conclu en août 2012, stipule un «réaménagement de certains contingents préférentiels de l’UE pour les produits agricoles et produits agricoles transformés».  Initialement, l’Accord d’association, entré en vigueur en septembre 2005, prévoyait un démantèlement graduel de deux listes de produits européens, à l’importation en Algérie, dont l’une sera complètement démantelée en 2012 et l’autre en 2017, année de l’entrée en vigueur de la zone de libre-échange.