Si de nombreux Algériens ont fini par renoncer, cette année, au sacrifice de l’Aïd El Adha, d’autres citoyens, aussi nombreux, n’ont pu rompre avec ce rituel sacré, en dépit des risques encourus en cette période marquée par une très forte propagation de l’épidémie du coronavirus à travers plusieurs wilayas du pays.
Les pouvoirs publics ont, certes, pris des mesures de sorte à réduire au maximum les manœuvres en matière de vente de mouton, entre fermeture de plusieurs marchés, limitation poussée des points servant aux transactions ou encore fermeture des frontières entre 29 wilayas dans l’objectif de mettre un frein à la forte mobilité dont font preuve les maquignons durant les semaines qui précédent cette fête religieuse.
Mais ni cette stratégie du gouvernement et ses démembrements au niveau des collectivités locales, ni les appels répétés du corps médical à éviter le sacrifice pour cette année n’ont pu convaincre l’ensemble de la population de la nécessité d’un Aïd exceptionnellement sans mouton. Ce dernier a déjà pris place, depuis plusieurs jours, dans de nombreuses demeures, mettant devant le fait accompli tous ceux qui s’inquiètent de l’impact des quelques heures du sacrifice sur les mesures de prévention contre la Covid-19. Notamment lorsqu’il s’agira de respecter cette distanciation sociale, mais qui trouve déjà énormément de peine à s’imposer dans les espaces publics à dense fréquentation, où elle s’avère pourtant plus que vitale.
Du coup, la prévention a changé d’orientation, et les appels à la prévention ont fini par rompre avec le discours d’il y a à peine quelques jours pour se focaliser sur les mesures à prendre lors du sacrifice afin d’éviter que ce rituel ne se transforme en opportunité pour le coronavirus de frapper encore plus fort chez les Algériens. Ministère de la Santé, Protection civile, Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) et autres structures multiplient les interventions pour tenter de sensibiliser sur le comportement à adopter. Les mesures ne sont pas inédites. Elles sont rappelées chaque jour depuis plusieurs semaines. Prions pour que ceux qui rechignent à les respecter puissent être là pour le rituel de l’Aïd.