Après avoir pris la mesure de la gravité de l’épidémie du nouveau coronavirus, Covid-19, les hautes autorités du pays ont pris de nouvelles décisions à l’effet de la contenir et d’en prévenir les risques liés au maintien d’une vie normale.

Signe de cette gravité, le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune a réuni, lundi dernier, comme on le sait, le Haut-conseil de sécurité. Son initiative, suivant le communiqué publié par les services de la présidence de la République, a permis, après examen de l’exposé du ministre de la Santé, Abdelkader Benbouzid, de prendre de nouvelles décisions en complément de celles déjà retenues pour faire face à la crise sanitaire qui menace la vie des Algériens. Deux catégories de mesures ont été privilégiées à l’issue de la réunion : la première est à l’échelle nationale, tandis que la seconde est locale, concentrée tout particulièrement sur les régions de Blida et Alger, par ordre de rigueur préventive.
Pour ce qui est des mesures à caractère national, les hautes autorités du pays, sur conseil des autorités sanitaires, ont décidé de « la fermeture de tous les cafés, restaurants et magasins, à l’exception de ceux d’alimentation (boulangeries, laiteries, épiceries, étals de fruits et légumes) ». Les sanctions prévues contre les contrevenants sont la « fermeture » et le retrait de leur licence d’activité. Ils seront portés sur « une liste noire » (blacklisté) et n’auront plus aucune licence d’exploitation, pour les autres commerçants, il s’agira de la fermeture du local avec retrait du registre du commerce et interdiction définitive d’exercice », précise le communiqué rendu public avant-hier soir.
Les « salles des fêtes, de festivités familiales et autres » sont également fermées jusqu’à nouvel ordre et « tout contrevenant s’exposera, en cas de récidive, à interpellation
et sanction au motif de mise en danger d’autrui ». « Dans tout établissement et lieu recevant le public, doit être respectée une distance de sécurité obligatoire d’au moins un mètre entre deux personnes, à charge pour les administrations concernées de veiller au respect de cette distance de sécurité, au besoin en faisant appel à la force publique », est-il également ordonné aux opérateurs et gestionnaires des espaces et lieux à fréquentation administrative, commerciale ou pour d’autres besoins de la quotidienneté.
Les taxis sont interdits de circulation « à travers tout le territoire national et « en cas d’infraction, la licence de taxi sera retirée au contrevenant ».
L’autorité et la responsabilité des walis est mise en avant comme moyen pour les pouvoirs locaux de prendre toutes les initiatives allant dans le sens de l’intérêt général et permettant une meilleure réactivité par rapport aux situations où le danger sanitaire ne pardonne pas les retards et les atermoiements face aux opérations à mener dans l’urgence. Ainsi, les hautes autorités du pays ont décidé de la création, autour du wali, d’une « commission de wilaya chargée de coordonner l’action sectorielle de prévention et de lutte contre la pandémie du coronavirus Covid-19». « Cette commission est composée du wali, président, du procureur général, du commandant du groupement de gendarmerie, du Chef de sûreté de wilaya, du représentant de la DGSI, du président de l’APW et du président de l’APC de chef lieu de wilaya ».
Elle est chargée « d’exécuter les décisions de la commission nationale de sécurité dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus Covid-19 ». De même elle est autorisée « à prendre des initiatives locales et si nécessaires moduler les décisions en fonction des spécificités des wilayas, en toute responsabilité ».

Un couloir vert pour les médicaments et produits sanitaires
A un autre niveau du dispositif de lutte mis en place, les « services des Douanes sont instruits à effet d’alléger les procédures de dédouanement des équipements médicaux et produits sanitaires dédiés à la lutte contre le coronavirus Covid-19 à travers la mise en place d’un couloir vert. Les collectivités locales sont invitées à « mettre en œuvre des actions de grande envergure en vue d’assurer la désinfection et la décontamination des lieux publics ». De même qu’il est fait « obligation aux établissements sanitaires de tenir des listes de volontaires ou de bénévoles qui voudraient s’inscrire, y compris les médecins privés et tout personnel médical et paramédical, et de leur mise à jour quotidienne pour faire face à l’évolution de l’épidémie ».
En ce qui concerne les dommages économiques, les hautes autorités du pays informent que « la mesure de libération de 50% des effectifs est applicable également aux secteurs économiques et services publics et privés ». Les pertes liées aux conséquences du Covid-19 « seront examinées et évaluées pour une prise en charge ultérieure par l’Etat ». Concernant mesures à caractère local, les habitants de la wilaya de Blida sont astreints depuis hier à un « confinement total, à domicile, pour une durée de dix jours, renouvelables, avec interdiction de circulation de et vers cette wilaya ». « Les sorties à caractère exceptionnel doivent être autorisées au préalable par les services compétents de la Gendarmerie ou de la Sûreté nationale », comme on l’a constaté hier.
Les entrées Est, Ouest, Sud et Nord de Blida ont été placées sous contrôle d’éléments de la Gendarmerie nationale. Notre correspondant sur place a également observé l’installation de points de contrôle à l’entrée du centre-ville par les gendarmes et les agents de la DGSN.
Au niveau de la wilaya d’Alger, « un confinement de 19 heures au lendemain à 7 heures » a été décidé. Une mesure qui « sera étendue à toutes les wilayas où est apparue et où apparaîtra le virus, conformément aux observations quotidiennes du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière », est-il mentionné dans le communiqué de lundi. « Les marchands ambulants de produits alimentaires sont autorisés à exercer leurs activités en rotation par quartier, tout en évitant tout attroupement », ce qui ne semble pas avoir été bien respecté hier, au premier jour, au vu des spectacles observés dans certains lieux commerciaux mais les réflexes de précaution commencent à être tout de même adoptés par les consommateurs obligés de s’y rendre.<