Face à une pandémie mondiale inédite, le gouvernement a mis un plan d’action depuis l’apparition des premiers signes du Covid-19. On est passé visiblement de la sensibilisation tous azimuts à la prise de décision plus restrictive, notamment le confinement général pour Blida et le semi-confinement pour la majorité des autres wilayas. La décision délicate de fermer les lieux de culte et de réguler le discours religieux sur le plan médiatique aura été une décision importante qui aura illustré la gravité de la situation. Des mesures de confinement et de limitation de la mobilité des personnes ont été instaurées à l’effet de réduire au maximum les risques de contamination et de propagation de ce virus. Ce plan du gouvernement pourrait même aller vers davantage de restriction dans les prochains jours. La décision d’instaurer le confinement total à Blida et le confinement partiel et progressif dans certaines wilayas s’est imposée face à la dangerosité de la situation sanitaire et la menace qu’impose un virus nouveau et visiblement à la propagation rapide. En cette deuxième semaine, la cadence est montée avec la décision d’enrôler et d’organiser les associations et autres en comités locaux dans l’action. Les walis sont enjoints de mettre en œuvre un dispositif «particulier» d’assistance et d’accompagnement des citoyens pour limiter les répercussions économiques et sociales des mesures de confinement. Il s’agira de mettre en place un dispositif obéissant à un schéma national d’encadrement et de mobilisation de la population. Les conséquences sociales de la nouvelle situation risquant de se voir dans les prochaines semaines, l’Etat tente de prendre les devants.

Mesures d’urgences
Ces mesures de prévention imposées «sous le sceau de l’urgence» ont pour mission d’organiser et encadrer les quartiers, les villages et les regroupements d’habitations. Une mission qui mobilisera «sous forme de comités locaux» les élus de la commune, les associations de quartiers et de village, les notables et les associations activant dans le domaine de la solidarité et de l’humanitaire, y compris les bureaux du Croissant-Rouge et des Scouts. L’instruction émise par le gouvernement préconise que «pour chaque quartier, village ou regroupement d’habitations», il sera procédé à la désignation d’un responsable jouissant du respect de la population, «l’objectif étant de mettre en place un encadrement populaire assuré par les citoyens eux-mêmes ou leurs représentants». A situation exceptionnelle mesures exceptionnelles, les missions essentielles seront de «recenser» les familles démunies et celles ayant besoin d’accompagnement, d’assister les pouvoirs publics dans la distribution des aides et d’informer les autorités locales des préoccupations et besoins des populations concernées. Il s’agira d’installer des «cellules communales de veille, de suivi et de gestion» de la crise du Covid-19. Les Walis sont également appelés à encadrer toute la ressource humaine locale, utile en pareille circonstance, à travers le bénévolat, «à l’exemple des secouristes volontaires et notamment ceux ayant bénéficié de formation, le corps des enseignants en situation d’inactivité ou les médecins et paramédicaux retraités».

Attentions aux réfractaires !
Les instructions restrictives avec les menaces de sanctions contre les réfractaires sont intervenues visiblement face au manque de discipline, remarquée notamment dans certains quartiers. Dimanche, le Premier ministre a émis une instruction contre le refus des personnes de se conformer aux prescriptions de soins, de dépistage ou de confinement sanitaire. Adressée aux ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé ainsi qu’à l’ensemble des walis, la directive institue «une procédure de réquisition à engager lorsqu’une personne présentant des signes d’atteinte, ou qui soit effectivement atteinte par le Covid-19, refuse de se conformer aux prescriptions médicales de soins, de dépistage ou de confinement sanitaire, ou lorsque la personne concernée interrompt ses soins ou quitte le lieu de confinement sanitaire, quelle que soit sa nature». Devant de telles situations d’insubordination, «les services de sécurité ou la structure de santé concernée sont désormais tenus de saisir immédiatement le wali ou le président de l’Assemblée populaire communale territorialement compétents pour demander l’établissement d’une réquisition de la personne en cause». La santé de la population étant une question de sécurité nationale, la personne ayant fait l’objet de réquisition encourt une peine de deux à six mois d’emprisonnement et une amende de 20 000 DA à 100 000 DA. Cette mesure constituera évidemment «le dernier recours lorsque les efforts de persuasion s’avèrent sans effet sur la personne concernée». Au cœur de cette lutte contre la propagation du virus où tous les efforts sont bienvenus, certains secteurs font montre d’un inexplicable retrait. Des ministères sont au-devant de l’action alors que d’autres sont peu visibles en ces moments où une action collective est plus que jamais souhaitable. Des ministères importants dans de telles situations s’illustrent par une activité à minima à l’image du ministère de la Solidarité. Ces départements gagneraient à monter au créneau pour s’inscrire à la mesure de la gravité de a situation.<