Reporters : Les dynamiques de la société civile prévoient une rencontre le 17 août. Quelles en sont les attentes ?
Meriane Meziane :
Après la conférence nationale de la société civile, du 15 juin 2019, on s’est fixé comme objectif d’élargir le cercle de discussions aux partis politiques et aux personnalités nationales.
Après évaluation et concertations, la date du 17 août a été retenue pour cette rencontre, dont l’objectif est de réunir le maximum pour essayer de trouver un smig politique, un dénominateur commun pour une sortie de crise.
Si on arrive à avoir une confrontation d’idées, de propositions et de concessions de part et d’autre dans l’intérêt de notre nation, on pourra alors atteindre l’objectif, à savoir un mécanisme pratique à mettre en œuvre pour un changement radical tel que voulu par le peuple.

Les objectifs assignés à cette rencontre reposent-ils sur l’évaluation faite de la conférence du 15 juin ?
Sans l’apport du politique dans le débat actuel de sortie de crise, tout reste insuffisant. On peut dire que c’est la continuité de l’initiative du 15 juin 2019. Si la société civile, avec ses syndicats, ses associations représentatives font jonction avec les partis politiques, on peut dire que c’est un début de solution de crise.

Mais, entre-temps, il y a eu l’entame du dialogue par l’instance de Karim Younès. Quelle lecture faites-vous à ce propos ?
L’instance de Karim Younès est entourée de flou. Une question s’impose. Ne sont-ils pas en train de puiser au sein des organisations satellites du pouvoir, qui ont jusque-là soutenu l’ancien régime qui est, faut-il le signaler, la cause de ce marasme politique ? La rencontre du 17 août figurait sur notre feuille de route bien avant l’instance de Karim Younès. Pour nous, c’est la continuité du travail entamé pendant tout le mois de Ramadhan, couronné par la conférence du 15 juin. Il ne faut pas perdre de vue que sans l’adhésion du peuple à une initiative point de salut.

En misant sur un rapprochement des positions entre les deux pôles politiques et leurs plateformes, les dynamiques de la société civile signent-elles leur non-adhésion à l’offre du panel de médiation et de dialogue ?
Les préalables au dialogue, à savoir la libération des détenus d’opinion, l’ouverture du champ politique, la liberté de la presse, la liberté de manifester, ne sont pas satisfaits. Comment voulez-vous que le peuple adhère à cette démarche ? Des signes de bonne volonté doivent être envoyés au peuple.

Les membres des dynamiques, signataires de la feuille de route du 15 juin, sont-ils toujours sur la même longueur d’onde ?
La dynamique existe toujours. Maintenant, s’il y a une décantation, chacun est libre de ses choix politique et idéologique. Mais la feuille de route du 15 juin a évité d’entrer dans les détails qui peuvent générer des divisions.

Des personnalités sont annoncées pour la rencontre de samedi, peut-on savoir les noms ayant confirmé leur adhésion et quels sont les profils ciblés ?
Notre souhait est que toutes les personnalités contactées participent. Nous avons entrepris des contacts larges, sauf auprès de ceux qui ont participé à la gestion antérieure du pays et ayant causé des malheurs au peuple algérien.

Le Forum civil pour le changement, dirigé par Abderahmane Arar, initiateur du processus de dialogue, sera-t-il de la partie ?
Les associations que regroupe le Forum civil pour le changement n’ont pas participé aux différentes rencontres de préparation du rendez-vous du 17 août…n