Nombre de mères célibataires ou celles victimes d’un «mariage contracté avec la Fatiha uniquement » cherchent toujours et encore une oreille attentive à leurs problèmes face à une société impitoyable qui les accuse de tous les maux.

«Ce sont des victimes et des cas sociaux que l’État doit aider», a affirmé, hier, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme.

Mme Mounia Meslem, qui intervenait sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, a interpellé sur la situation « intenable » vécue par ces mères célibataires, dont la plupart « sont mineures ». « Fini les tabous. Aujourd’hui, plus que jamais, avec l’évolution des mentalités, il faut oser parler de ces femmes qui n’ont pas choisi leur situation, qui ont besoin d’un soutien concret qui mettra fin à leur marginalisation dans la société », a plaidé la ministre. En plus des aides sociales et financières visant à tirer ces dernières de leur condition de pauvreté, il faut, a-t-elle soutenu, «des lois pour protéger les mères célibataires, victimes d’un mariage de la Fatiha». La ministre a rappelé à ce propos que «lors de son discours, en 2015, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le président de la République avait demandé de revoir le Code de la famille». «Cette réforme est impérative. Particulièrement pour régler le cas de ces femmes victimes d’un mariage de la Fatiha, de celles divorcées contraintes de quitter le logement familial ou bien de celles, encore, de perdre le droit de garde de leurs enfants si elles se remarient », a insisté Mme Meslem. Sur ce point précis, faudrait-il encore une fois le souligner, après plus de vingt ans de lutte pour la réforme du Code de la famille, faute de son abrogation, ce n’est qu’en 2004 que l’Algérie adoptait enfin une série d’amendements à ce code censés mettre ainsi fin aux principales discriminations dont les femmes sont victimes. Cependant, le satisfecit n’est guère à l’ordre du jour. Des spécialistes de la question des droits de la femme en Algérie ont à chaque fois affiché leur mécontentement quant à « ces amendements insuffisants ». L’influence islamiste a toujours été pointée du doigt. D’autre part, selon les associations algériennes de défense des droits des femmes, une seule mesure est un réel progrès. En cas de divorce, l’époux est désormais tenu d’assurer un logement décent à la mère qui a la garde des enfants ou, à défaut, de payer son loyer. Et ce, contrairement au passé, où l’ex-mari pouvait mettre à la porte femme et enfant(s), même si l’épouse répudiée n’avait aucune source de revenus et que les enfants étaient encore financièrement dépendants de leurs parents. Dans les faits, les mesures devant faciliter l’accès de la femme à un poste de responsabilité, à titre illustratif, demeurent insuffisantes. La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a indiqué, dans ce sens, qu’une commission intersectorielle a été mise en place pour suivre l’exécution de ces dernières, appelant les femmes à s’impliquer pour mettre un terme à leur marginalisation.