Les Algériens qui ont fait le marché ces dernières 48 heures ont été surpris par la hausse vertigineuse des prix des fruits et légumes, expliquée par le contexte de l’Aïd durant lequel la demande augmenterait, générant ainsi une hausse des prix.

PAR NAZIM B.
«Inimaginable. La hausse des prix est exceptionnelle en ce dernier jour. Je cite l’exemple de la courgette qui se vendait 40 à 50 DA, il n’y a pas longtemps, est passée à 220 DA, le navet a atteint 100 DA. Ce n’est pas normal», témoigne un citoyen, choqué et qui ne comprend pas la raison.
Les pères de famille se sont plaints également du prix de la pomme de terre qui oscille entre 80 et 100 DA, tout comme la tomate dont le prix a doublé, 90 DA, voire plus dans certains marchés.
La flambée des prix a marqué également les fruits, y compris ceux de saison, au grand dam des consommateurs qui ne savent plus où donner de la tête. Les prix affichés sur les étals sont hors de portée des bourses faibles et moyennes. La Nectarine à 250 DA, la banane à 240, les raisins jusqu’à 350 DA… De quoi donner le tournis aux ménagères qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, notamment en cette période de dévaluation de la monnaie nationale.
Dans les marchés, la colère des consommateurs saute aux yeux. Ils expriment leur indignation à la lecture des prix affichés par les commerçants.
Le choc les mène souvent à interroger les causes d’une telle hausse des prix, pointant à la fois la cupidité des commerçants détaillants et la responsabilité des autorités qui, pourtant, promettent chaque fois une maîtrise des prix. Pour le consommateur, les arguments du commerçant ne passent pas. Ni celui de la faiblesse de la production ni celui de la forte demande. Selon lui, la cupidité du vendeur trouve appui dans la démission des services de contrôle du ministère du Commerce.
Chez certains commerçants, la source de la hausse des prix se trouve au niveau des grossistes. Mais toutes ces explications ne sont pas en mesure de convaincre le consommateur qui cherche des produits à sa portée. D’où, manifestement, l’échec des autorités auxquelles semblent échapper la logique des prix.
Le ministère du Commerce va-t-il réagir devant cette situation pour le moins inquiétante ? Va-t-il recourir à des dispositifs déjà essayés par le passé ? Ou tenter de nouvelles recettes de nature à réguler la mercuriale ? Le dernier épisode semblable a été vécu lors du mois de ramadan marqué dès le début par une hausse vertigineuse des prix.
A cette période, aussi bien le ministre du Commerce que celui de l’Agriculture ont pointé du doigt les spéculateurs de causer la hausse des prix tout en invitant le consommateur à éviter la «fièvre acheteuse» qui alimente la flambée de prix. A cette période, et pour la capitale uniquement, près de 140 agents de contrôle
au niveau des marchés et locaux de commerce ont été mobilisés pour garantir le respect des prix. De leur côté, les responsables du secteur du commerce soutiennent que le citoyen contribue fortement à
l’augmentation des prix à travers un
volume d’achat élevé, «ce qui a provoqué une diminution de la quantité des produits stockés, ouvrant ainsi la voie aux spéculateurs pour augmenter les prix». <