Les prix affichés ces jours-ci sur les étals des marchés de proximité de la capitale sont dans l’ensemble statiques mis à part quelques rares exceptions. C’est du moins la tendance actuelle qui ressort après notre virée dans certains marchés de référence. Autre constat, l’abondance des produits maraîchers proposés à des prix raisonnables. L’exception vient de la courgette qui accuse ces derniers jours des fluctuations passant ainsi en l’espace d’une semaine du simple au double. Pour preuve. Proposée à 70 DA le kilogramme il y a quelques jours elle a grimpé mardi à 140 DA «alors que c’est un légume de saison», ce sont étonnés de nombreux consommateurs rencontrés sur place. Certains devant cette subite surenchère ce sont limités à n’en prendre que pour l’équivalent de 100 DA. Concernant la tomate, un fruit très prisé en cette période par les ménages, on a remarqué que le prix variait selon la variété. En effet, celle industrielle longiligne, c’est-à-dire destinée à la transformation, est cédée dans les 30 DA tandis que la classique plafonne à 60 DA. Concernant la pomme de terre, et comme nous sommes en période de soudure, c’est-à-dire entre la dernière récolte et celle à venir, les quantités proposées issues des chambres froides sont cédées entre 30 et 50 DA le kilogramme. Ce qui s’explique par la qualité du tubercule, car souvent la pomme de terre laisse apparaître des traces de mauvaises conditions de stockage au froid.
A propos des fruits de saison, c’est bien sûr, le raisin qui est en abondance à des prix qui affichent un écart sensible, passant de 60 DA à 200 DA. Le rapport qualité/prix en est la principale raison. En deuxième position, on trouve le melon avec un prix plafonné à 70 DA le kilo et cédé parfois à la pièce à 100 DA. On ne saurait oublier aussi la banane qui accuse une légère fluctuation dans une même journée pour cause de chaleur ambiante. En clair, entre le matin et l’après-midi, c’est plutôt la tendance à la baisse, passant de 220 DA à 150 DA et parfois moins chez les vendeurs ambulants qui n’ont d’autre choix que de brader les invendus de bananes et éviter ainsi de grosses pertes, car ce fruit exotique s’avarie vite en période de grosse chaleur.
Après ce passage du côté des fruits et légumes, c’est vers les bouchers et vendeurs de volaille que nous nous acheminons. On s’aperçoit vite que si les prix de la viande rouge restent scotchés autour des 1 200 DA le kilogramme, par contre, celui de la viande blanche est à la baisse ces derniers jours. En effet, le poulet vidé ne dépassait pas les 240 DA, voire même par endroit et dans le même marché, 180 DA. Quant aux cuisses elles sont autour de 250 DA et le blanc de poulet plafonné à 450 DA. Mais selon certains détaillants, il faut s’attendre à partir d’aujourd’hui à voir grimper les prix de la volaille « en raison de l’approche de la fête religieuse de l’Achoura, où il est de tradition que la demande en poulet connaisse une forte augmentation ; une conjoncture qui n’échappe pas à la spéculation», nous ont affirmé à l’unanimité des vendeurs de volaille. Sur ce dernier point, du côté de l’Association de protection des consommateurs et de l’environnement (Apoce), on reste sans commentaire. «A chaque fête religieuse notamment celle de l’Achoura, c’est le même scénario qui se renouvelle. Le prix du poulet grimpe subitement à telle enseigne que les faibles revenus ne peuvent que s’y accommoder», nous a expliqué un membre de cette association contacté par nos soins. Ce dernier nous avoue qu’« il faut que le phénomène cesse car le consommateur notamment celui à faible revenu peut supporter une légère hausse du prix du poulet en cette période mais quand celle-ci est élevée il ne peut que grincer des dents». Et de lâcher : «Il faut réguler le marché de la volaille car celui-ci fait l’objet d’une mainmise par le diktat des spéculateurs au grand détriment des ménages dont le pouvoir d’achat ne cesse de se laminer et par voie de conséquence a fini par tourner le dos à la consommation de la viande rouge et de se rabattre sur la blanche», conclut-il. <