Les efforts de l’Opep sont vus d’un mauvais œil par le président des Etats-Unis et il le fait savoir. La récente reprise des prix, alimentée par les tensions géopolitiques, les menaces contre l’Iran et les problèmes de production au Venezuela, au Nigeria et en Libye, soulage les Etats membres mais provoque en parallèle des grincements de dents.

Avec ses manières fantasques, le président américain, à coups de tweets, fait déjà monter la pression en direction du cartel des pays producteurs de pétrole, qui tente de faire bouger les choses dans une conjoncture internationale complexe. L’Accord Opep-non-Opep pourrait être perturbé par les Etats-Unis, l’un des trois premiers producteurs mondiaux. La Russie, premier producteur mondial de brut, apporte son soutien à l’idée d’établir une alliance sur la durée entre les producteurs pour stabiliser le marché. Ce qui, à l’évidence, n’est pas du goût des Etats-Unis. Trump, qui ne s’embarrasse pas, s’en prend aux membres de l’Opep considérant que les cours du pétrole étaient «artificiellement très élevés». Cette sortie intervient alors que l’Opep et ses dix partenaires, dont la Russie, tiennent en Arabie saoudite une réunion de suivi de leur accord de réduction de la production, avant une réunion très attendue en juin à Vienne. Cet accord, en vigueur depuis début 2017 et valable jusqu’à la fin de l’année, a comme objectif de faire remonter les cours du brut. Ce qui, on le voit, pourrait bien susciter des résistances, notamment de certains acteurs mondiaux importants. La guerre froide économique n’a probablement jamais été aussi franche. Le fait que la Russie est partie prenante de la démarche de l’Opep ajoute à cette posture de défiance de Washington. Les Etats-Unis de Trump sont également en opposition ouverte avec la Chine, le bras de fer commercial en est l’illustration. Ces coups de sang sont symptomatiques de tensions futures risquant d’accélérer des confrontations qui pourraient bien se régler par d’autres moyens que pacifiques. Des confrontations qui se feront dans des territoires bien connus et toujours au détriment de leurs peuples.