Examens ou pas examens ? C’est la question que se posent plus que jamais tous les membres du cycle primaire de l’Education nationale. Prévu aujourd’hui, selon un calendrier arrêté depuis plusieurs semaines, le déroulement de ces examens du premier trimestre n’est pas sûr. En cause, le mouvement de grève à l’appel du collectif des enseignants du cycle primaire en vigueur depuis huit semaines, accompagné par le boycott de la session des examens.

Après donc plusieurs semaines de débrayage, qui n’ont pas fait réagir la tutelle, c’est désormais le déroulement de cette étape décisive des examens qui est menacée au moment où les écoliers concernés ne savent plus de quoi sera faite la journée d’aujourd’hui.
Cette angoisse ne semble pas avoir cependant inquiété l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE) qui tente de dédramatiser la situation en dépit de la réunion qu’elle a tenue hier à Bouzaréah et dont l’ordre du jour a été dédié justement aux conséquences de cette grève et le risque planant sur les examens.
Pour son président, Khaled Ahmed, la grève cyclique des enseignants du primaire « n’affectera pas les examens du premier trimestre qui commencent aujourd’hui», se basant sur l’évaluation de ce débrayage estimé entre 10 et 15% sur le territoire national.
Comment les examens du cycle du primaire peuvent-ils avoir lieu alors que des enseignants du même cycle sont en grève ? Khaled Ahmed évoque à ce propos les dispositions prises par la tutelle pour contourner la grève des enseignants et pouvoir tenir les examens.
Revenant sur la genèse de la grève, qui aura surpris tout le monde y compris les organisations syndicales du secteur, Khaled Ahmed a tenu à souligner que l’association qu’il dirige est « contre toute grève qui touche à l’intérêt des élèves ». Le président de l’Association des parents d’élèves dit fonder aussi sa position sur le fait que la grève « émanait d’une structure qui n’est ni reconnue ni agréée par les autorités ».
Dans sa désapprobation de la démarche des grévistes, il a souligné que « ces revendications portant sur l’amélioration des conditions de travail et l’alignement de la classification avec les enseignants des cycles moyen et secondaire ne datent pas d’aujourd’hui ». « Elles ont été soulevées depuis 15 ans par des syndicats accrédités sauf pour ce qui est de l’ordonnance 14- 266, qui prévoit d’élever les catégories et la réévaluation des diplômes DEA, cette ordonnance a vu le jour depuis seulement 5 ans », tient-il à rappeler.

Le plan B pour tenir les examens
Le premier responsable de l’Association nationale des parents d’élèves, en plus de l’insistance à exhiber le taux de suivi du débrayage jugé « minimum », fait part du plan B de la tutelle qui « a pris les dispositions nécessaires qui feront que les examens vont se dérouler normalement». « Parmi ces dispositions, dont le ministère de l’Education nous a fait part, je cite celles qui prévoient d’organiser les examens dans des journées qui ne sont pas concernées par la grève. C’est-à-dire les dimanches et les jeudis, ainsi que l’attribution des classes des enseignants grévistes à d’autres enseignants qui ne le sont pas », a-t-il expliqué. « Il a été prévu aussi que les choses peuvent s’améliorer après les élections et, dans ce cas-là, les samedi et les mardi après-midi seront exploités également pour rattraper les cours et les examens», ajoute-t-il.
Avant d’ajouter que la tutelle a prévu aussi que « pour les établissements qui ont été considérablement affectés par la grève et à des taux élevés, les examens peuvent être néanmoins effectués durant la première semaine des vacances d’hiver prévues à partir du 19 décembre». Sur une note de confiance, il dira que l’Association n’est pas « si inquiète dans la mesure où les choses sont bien maîtrisées ». Attendons pour voir…