Dès ses premiers matchs aux commandes techniques de la sélection, Djamel Belmadi a insisté sur un point : réapprendre à gagner des rencontres en déplacement. S’il a pu monter une équipe qui n’a plus perdu depuis 24 matchs, on a pu constater qu’elle a toujours une certaine difficulté à aller chercher des points et des succès loin des bases. Décryptage de ce « blocage ».

Par Mohamed Touileb
C’est à l’extérieur que l’équipe nationale était allée chercher la 2e CAN de son histoire. En Egypte, les Fennecs ont triomphé en gagnant leurs 7 matchs dans le tournoi. Cependant, lors des éliminatoires de la CAN-2022, l’EN a éprouvé un peu de difficultés à s’imposer en déplacement ne gagnant qu’à Gaborone (Botswana). A ce niveau, les Champions d’Afrique peuvent encore s’améliorer. Si les Fennecs ont fait le plein à domicile en empochant 9 points sur 9, ils ont laissé filer 4 unités en concédant le nul à Harare (Zimbabwe) et Lusaka (Zambie). Fait remarquable, dans ces deux voyages, ils ont mené au score en « breakant » avant de se faire rejoindre au tableau d’affichage. Cet aspect reste l’un des rares bémols d’El-Khadra depuis un certain temps.

Après l’invincibilité, la culture de la gagne à optimiser
Depuis son arrivée, le sélectionneur Djamel Belmadi a insisté sur un point : apprendre à gagner à l’extérieur. Nécessité qui s’est accentuée après avoir concédé un revers à Cotonou (Bénin). C’était le seul sous la coupe de l’ancien driver d’Al-Duhail (Qatar). Une déclaration qui a précédé la rencontre à Lomé contre le Togo. C’était de là-bas que la série d’invincibilité, désormais longue de 24 rencontres, a été enclenchée.
«Cela fait trois ans que nous n’avons pas gagné en Afrique. C’est un challenge et une motivation supplémentaire. Nous visons les points de la victoire. Il faut pouvoir aller s’imposer en Afrique. Il est clair que nous ne pouvons pas être fiers de ce qui s’est passé au Bénin. C’est avec un esprit revanchard que nous allons aborder ce rendez-vous important. Je suis content de rejouer en déplacement car il va y avoir de l’adversité sur le terrain. Il est important de réaliser de bons résultats à l’extérieur. Si on veut atteindre le sommet, forcément qu’il faudra montrer de la solidité », avait insisté Belmadi. Résultat: une éclatante victoire4 buts à 1 contre les camarades d’Emmanuel Adebayor.

Les blocs-bas posent problèmes
Par la suite, les camarades de Riyad Mahrez ont été en appel à 4 reprises dans des villes africaines pour un bilan de 3 nuls (Gambie, Zimbabwe et Zambie) et 1 succès au Botswana décroché sur… coup de pied arrêté (corner direct de Youcef Belaïli). Clairement, les Guerriers du Désert ont toujours un petit blocage au-delà du sub-Sahara. Le bon point à souligner c’est qu’ils marquent à tous les coups. C’est le comportement défensif face à des adversaires de « second plan » dans la zone CAF qui porte préjudice.
En outre, offensivement, on éprouve parfois des difficultés à bousculer les blocs très bas. C’était le cas au Botswana et au Zimbabwe. Face à ce dernier, c’est les longs ballons qui ont permis aux Verts de marquer. Un centre de Helaïmia pour la tête victorieuse d’Andy Delort et une transversale de Benrahma pour un numéro technique de Mahrez que seul un joueur hors-normes peut réaliser sur une aire de jeu pas très praticable.

Le climat et la qualité des terrains en hantise
Contre des oppositions de première catégorie, les choses peuvent être plus compliquées. Beaucoup de paramètres entrent en jeu: météo pas toujours clémente (humidité et chaleur) ainsi que l’état des pelouses qui n’est pas toujours propice pour développer un football véritable comme l’EN aime le faire.
Dans ce sens, si les Algériens ont pu être couronnés lors de la dernière CAN, c’était parce que le climat ainsi que la qualité des rectangle de vérité égyptienne étaient très bons. La seule rencontre lors de laquelle Sofiane Feghouli et ses compères avaient été mis à rude épreuve, c’était face à la Côte d’Ivoire en quarts au Suez. Ce jour-là, le taux d’humidité était très élevé et les organismes ont souffert.

Ouagadougou en transit décisif pour le Qatar
Somme toute, à compte de juin, Bounedjah & cie devront se rendre à Ouagadougou pour défier le Burkia Faso qui sera le principal concurrent dans la poule « A » pour décrocher une place dans les barrages du Mondial 2022 au Qatar.
Quand on sait que les Burkinabés n’ont concédé que 2 buts (contre 6 pour l’Algérie) lors des qualifications de la CAN-2022, il faut absolument se montrer réaliste et solide derrière. Un équilibre à trouver dans les plus brefs délais afin que les troupes soient les plus efficaces possibles pour conquérir le ticket du rendez-vous quadriennal.