La soirée du mardi était insoutenable. Tout pouvait s’arrêter sur un but du Burkina Faso. Mais l’équipe nationale a pu s’extirper d’une véritable averse au stade Mustapha-Tchaker. Quand l’EN ne peut pas gagner, elle sait ne pas perdre. Et c’est un atout non négligeable.

Par Mohamed Touileb
Sur deux rencontres, les Verts n’ont pas pu prendre le meilleur sur les Burkinabés qui ont réussi à bousculer sérieusement les champions d’Afrique. D’un côté, il y avait les «Etalons» décomplexés et qui n’avaient rien à perdre. De l’autre, on voyait des «Fennecs» qui se crispaient au fil des minutes et, après avoir laissé filer 2 ou 3 occasions réelles, pour assommer définitivement leur adversaire.
Depuis 33 rencontres maintenant, les Fennecs n’ont pas goûté à la défaite. Ne pas perdre suffit, par moment, et à d’autres pas. Fort heureusement, mardi, on était dans la deuxième configuration. Pas de balades ni de goleadas mais un suspense haletant, voire ulcérant.

L’enjeu a fait déjouer
«Je m’attendais à avoir un match dur. Ce ne sera pas toujours des 5-0 ou 6-0. Le Burkina Faso a toujours été costaud, comme ce fut le cas lors de la double confrontation des barrages, en 2013, (pour le Mondial 2014 au Brésil, ndlr). Je répète, l’enjeu a primé sur le match», estime Djamel Belmadi. Le sélectionneur rappelle : «Il nous reste deux gros matchs en barrages. Il faudra être très costauds pour essayer de valider notre ticket pour le Mondial 2022 au Qatar. Pour aller en Coupe du monde, il faut jouer différentes équipes, différents types de football.»
Cette turbulence a rappelé au coach d’«El-Khadra» et à ses poulains que rien n’est acquis dans le football et que le sommet est dur à conserver sans trembler par moment. Et l’ancien driver d’Al-Duhail SC n’a pas manqué de relever que «ce que les joueurs ont vécu ce soir, nous aidera certainement lors des barrages et la CAN-2021 également. Il nous reste beaucoup de choses à parfaire pour progresser davantage. Si nous n’avons pas pu nous qualifier, ça aurait été un grand échec pour nous tous, on aurait pris nos responsabilités, moi le premier. On n’est pas encore la meilleure équipe du monde, chaque match a son enseignement».
Couronne africaine et invincibilité, de lourds bagages
Cette première partie de la campagne qualificative au Mondial qatari a bien montré que le carré de vérité est plus fort que la donne sur papier. D’ailleurs, les camarades de l’excellent Sangaré, bien qu’amoindris par des défections importantes avec Bertrand et Lassina Traoré ainsi qu’Abdoul Tapsoba, ont montré que le collectif et la détermination peuvent faire sublimer l’équipe jusqu’à bousculer les champions d’Afrique chez eux et devant leur public. Chaque fois que les «Guerriers du désert» se rendent sur une pelouse, c’est une couronne continentale que l’adversaire veut faire tomber de leur tête. Ajoutée à cela cette invincibilité que tout le monde veut briser. Un héritage qui peut parfois alourdir les jambes. Le CV est ce qu’il est. Et il faudra l’assumer. Pour cela, il est nécessaire que les épaules soient solides. Tout comme le mental.