Reporters : Algérie  Digital Cluster est présente dans le débat sur les start-up en Algérie. Pourquoi ?
Mehdi Omarouyache : L’objectif d’Algérie Digital Cluster, c’est d’être tout d’abord une force de propositions, en prenant part aux réflexions liées aux TIC et au numérique, en partenariat avec les pouvoirs publics, les ministères et les entreprises afin de faire profiter les uns et les autres de notre expertise et de renforcer le nombre des membres de ce cluster. On prend part, par exemple, à la réflexion autour de la politique digitale du ministère de l’Industrie et des Mines et on collabore avec le ministère du Commerce sur le e-commerce et pour renforcer les services numériques à l’export.

A propos d’export, où  
exporte-t-on nos services numériques ?
Des groupes industriels comme Iris et Condor exportent, mais aussi des start-up qui commercialisent leurs logiciels sur les marchés extérieurs. Il s’agit de produits avec des taux d’intégration de 100%. C’est, en fait, le rendement de l’investissement que l’Algérie a engagé il y a des années dans l’éducation, la formation professionnelle et l’enseignement supérieur. On exporte en Afrique et en Europe, surtout vers la France, en raison de notre proximité avec ce pays. Nos start-up exportent des services dans le développement de logiciels, dans la formation du digital… Une start-up basée à Boumerdès a développé le système de business intelligence de la ville de Dubaï. Emploitic, par exemple, est présent dans plusieurs pays africains. L’industrie s’est aujourd’hui dématérialisée et il faudra penser maintenant à faciliter les procédures administratives au maximum, pour faire émerger plus de stat up.

Comment ces start-up se font-elles connaître sur le marché extérieur ?

Elles se font connaître de leurs propres initiatives ou à travers des manifestations internationales, comme Viva Technlogy, le Salon de l’innovation à Paris. Sur le Net, toutes les entreprises ont la même taille, à savoir celle de l’écran de l’ordinateur. Nos start-up savent comment s’y prendre pour toucher les marchés les plus lointains. Comme il s’agit de services qui passent par Internet, il est difficile d’avoir le nombre exact d’entreprises qui exportent dans le numérique. D’où la nécessité de mettre en place une cartographie de nos start-up. L’intelligence artificielle, par ailleurs, est un domaine dans lequel l’Algérie devrait investir de plus en plus. Pour le moment, c’est l’apanage des pays les plus industrialisés. Cela dit, l’Algérie, avec ses écoles et ses compétences, peut relever ce défi. Il faut juste que l’investissement et les facilitations suivent.