Par Sihem Bounabi
S’exprimant sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, Lotfi Benbahmed est revenu sur les tensions enregistrées, ces dernières semaines, sur la disponibilité des médicaments entrant dans le protocole du traitement Covid, en insistant sur le fait « que tout a été mis en place pour garantir la disponibilité des traitements de la maladie Covid ». Précisant que « tous les médicaments entrant dans le protocole du traitement de la Covid-19 sont produits localement, y compris le Lovenox, les tests et le vaccin ». Ainsi, afin de répondre à la demande du marché, il déclare que « nombre d’unités de production sont en train de fonctionner à plein régime 24H/24 avec des équipes en 3×8, souvent avec des effectifs réduits de 50% pour raison Covid ».
Face à la perturbation du marché, notamment dans l’indisponibilité du Paracétamol qui a fait couler beaucoup d’encre, le ministre souligne qu’une enquête a été menée la semaine passée par des brigades mixtes. Il en ressort que certains distributeurs du médicament ont pratiqué « de la rétention de produit pharmaceutique, ce qui a créé des tensions». Le ministre affirme ainsi que « des quantités très importantes de Paracétamol et d’Enoxoparine et d’autres produits nécessaires au traitement Covid n’étaient pas libérées », de ce fait, « des sanctions ont été prononcées et des fermetures ont été notifiées à certains distributeurs ». Il souligne ainsi qu’« une semaine après le lancement de cette campagne d’inspection des brigades mixtes, les pharmaciens peuvent témoigner que des quantités plus importantes apparaissent comme par enchantement pourtant avec le même rythme de production ».
Afin de mettre fin à ce type d’opérations illégales, le ministre annonce qu’« un nouveau cahier des charges concernant les distributeurs de médicaments sera prêt dans les quelques jours à venir et l’ensemble des distributeurs seront agréés de nouveau avant fin février en vue de séparer le bon grain de l’ivraie ».

Bras de fer avec le lobby de l’importation de médicaments
Par ailleurs, pointant du doigt le lobby des importateurs de produits pharmaceutiques, Lotfi Benbahmed affirme que « depuis la création de notre ministère, nous avons dû nous battre pour que nous puissions mettre en place ces prérogatives. D’abord, contre le lobby de l’importation qui, à ce jour, rêve que notre ministère perd ses prérogatives. Mais nous continuerons à travailler et assumer nos responsabilités jusqu’au bout ». Enchaînant qu’«ensuite, ce lobby, suite à la baisse de la facture d’importation au profit de la production nationale, se retrouve aussi au niveau de la distribution et, à travers des spéculations et la rétention, essaie la gabegie de détournement, de corruption que nous continuons de combattre ».
Concernant la disponibilité des tests antigéniques, il assure également que les quantités disponibles actuellement sont « largement suffisantes » et estime que la mesure prise par le gouvernement d’élargir les tests aux officines « permet aujourd’hui à l’ensemble des Algériens d’avoir accès à ces tests ».
Argumentant que d’abord « il n’y a pas de laboratoire d’analyses disponible dans toutes les communes du pays » et « ce sont des tests importés pour un prix variant entre 1 et 3 dollars, soit vendus entre 200 et 450 DA et que l’on retrouve dans les laboratoires autour de 3 500 DA, cette différence est anormale ». Le ministre rappelle que les prix des autotests est fixé à 1 000 DA et souligne que « cela contribue à lutter contre l’automédication car un malade qui se fait tester en officine et qui est négatif au Covid ne va pas acheter 4 000 à 5000 DA de médicaments qui ne servent à rien ».

Baisse des prix de l’insuline de 20%
Par ailleurs, concernant la disponibilité de l’insuline, le ministre annonce que les programmes d’importation ont été déjà livrés et qu’« il y a plusieurs millions de boîtes qui ont été délivrées qui suffisent très largement à la demande du marché », soulignant que 300 000 boîtes ont été déjà libérées depuis dimanche dernier. Il annonce également que son département a travaillé sur «le prix de l’insuline pour lequel nous avons obtenu près de 20% de baisse », en confiant que « cela a été un bras de fer avec les laboratoires multinationales qui vendaient cinq à six fois plus de produits en Algérie que certains pays voisins et beaucoup plus chers. Nous avons réussi à baisser les prix et cela nous fera gagner 50 millions d’euros pour l’année prochaine».

PCH, baisse de 80% des prix des bio-médicaments hospitaliers
En outre, faisant le point sur la problématique de la disponibilité du Varenox et du Lovenox en milieu hospitalier, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a tenu d’abord à préciser que la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) ne dépend pas de son ministère et confie que la moitié de la production nationale a servi à reconstituer les stocks de la PCH ces derniers mois, précisant que «la PCH a acheté près de 4,5 millions de seringues de Lovenox et en a commandé deux autres millions ces derniers semaines ». Estimant que ce n’est pas le moment de faire des stocks en période de crise sanitaire, le ministre de l’Industrie pharmaceutique se désole que « malheureusement, la PCH pour des raisons qui nous sont inconnues, puisqu’elle ne déclare pas toujours ces chiffres sur la plateforme numérique, ne livre pas en quantités suffisantes les hôpitaux ». Enchaînant que de « ce fait, les malades qui vont en consultation dans les hôpitaux ou qui sont déjà hospitalisés sont obligés d’aller dans les officines pour acheter le Lovenox et, pourtant, la PCH a la moitié des stocks de la production nationale ».
Concernant la disponibilité des bio médicaments hospitaliers, notamment ceux essentiels en oncologie, le ministre affirme : « Nous avons beaucoup travaillé pour enregistrer des produits bio similaires et des produits d’oncologie pour diversifier les sources d’approvisionnement et ne plus tomber dans les ruptures de la PCH. » Ajoutant qu’avec « ces nouveaux enregistrements avec le nouvel appel d’offres de la PCH que lors de l’ouverture des prix, il y aura une baisse de prix de près de 80% grâce à la concurrence que nous avons mise en place. Car nous avons combattu la position dominante et monolithique qu’avaient un certain nombre de laboratoires ».