Par Sihem Bounabi
En pleine polémique sur la question de la rupture de médicaments, notamment des médicaments anticancéreux, mais également des fortes perturbations quant à la disponibilités de certains médicaments en officine, tels que les antibiotiques, les anti-inflammatoires, les gouttes ophtalmologiques et les pilules contraceptives, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ali Aoun, a reçu, jeudi dernier, à tour de rôle, les deux principales organisations représentant la corporation des pharmaciens, en l’occurrence le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) conduit par son président Messaoud Belambri et une délégation du Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP), conduite par son président, Nourdine Metioui.
Ainsi «en vue d’assurer la disponibilité des médicaments sous tension et dans le cadre du travail de collaboration avec les représentants des pharmaciens d’officine», la rencontre avec le SNAPO «a été consacrée à l’évaluation de la disponibilité des médicaments qui connaissent des tensions d’approvisionnement ainsi qu’aux mesures à prendre en vue de l’amélioration de leurs accessibilité», indique un communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique publié sur sa page officielle.
Parmi les mesures citées afin d’œuvrer à garantir la disponibilité des médicaments, il est notamment souligné l’augmentation du nombre de distributeurs par fabricant, pour mettre fin aux situations monopolistiques et assurer une distribution équitable et plus large des produits sous tension. Il y a également l’annonce de l’intensification du programme d’inspection en direction des distributeurs avec mise en demeure des distributeurs responsables de rétention, de spéculation et de toutes autres pratiques commerciales illicites.
Les discussions ont également porté sur l’impératif de la collaboration étroite avec le SNAPO ainsi que sur l’importance de la coordination avec l’ensemble des intervenants du secteur dans l’intérêt du malade et de sa prise en charge thérapeutique. C’est dans cet esprit de concertation et de coordination avec les différents partenaires que la rencontre avec l’Ordre des pharmaciens a porté principalement sur «le renforcement du contrôle sur certains produits, notamment les médicaments dits cabas et les psychotropes». Il a également été mentionné la nécessité de «réorganiser le circuit de distribution à travers une rationalisation et une répartition équitable des volumes de vente de médicaments pour garantir leur disponibilité à l’ensemble des officines et des patients du pays», précise le communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique.
En outre, le dossier de la vente des compléments alimentaires en pharmacie qui a fait couler beaucoup d’encre récemment a également été abordée par le CNOP et le ministre de l’Industrie pharmaceutique. Ainsi l’ordre des pharmaciens a émis le souhait d’assimiler les compléments alimentaires «à des produits pharmaceutiques, ce qui permettra d’assurer un meilleur contrôle de leur importation et de leur production et surtout leur dispensation et leur consommation dans l’intérêt des citoyens et de la préservation de leurs santé», indique le communiqué. Les discussions ont également porté sur le nouveau code de déontologie pharmaceutique actuellement en cours d’élaboration par le CNOP notamment sur les aspects relatifs aux bonnes pratiques de fabrication et de distribution ainsi qu’à l’exercice officinal et aux missions et devoirs des différents pharmaciens directeurs techniques et leurs assistants.
Le ministre a, à cette occasion, «clarifier ses propos» quant aux pharmaciens directeurs techniques des établissements spécialisés dans les équipements médicaux. Il a ainsi «précisé que des aménagements réglementaires seront apportés non pas pour supprimer le poste de pharmacien directeur technique, mais pour reconsidérer sa place et son rôle ainsi que la possibilité ou la nécessité de l’assister par un ingénieur notamment en ingénierie biomédicale ou autres». n