Bonne nouvelle pour les patients algériens hypertendus, l’antihypertenseur « Micardis », produit localement par la société Abdi Ibrahim Remede Pharma (AIRP : une joint-venture algéro-turque), en partenariat avec Boehring Ingelheim (BI), entreprise allemande leader du secteur pharmaceutique, sera très bientôt commercialisé.

C’est le docteur Bachir Batel, directeur général et responsable de la division Humain Pharma chez BI, en Afrique du Nord, qui l’a annoncé lors d’un point de presse qu’il animé, hier à Alger, en compagnie du docteur Mohamed Lamine Boustella, cofondateur et membre du conseil d’administration de AIRP, pour faire connaître les détails des projets d’expansion et de modernisation, implantés à Sidi Abdellah (à l’ouest d’Alger), que comptent mener à terme les deux sociétés. Et à ce titre, le docteur Batel a indiqué qu’après l’entrée en production du Micardis à la fin 2017, les deux sociétés visent la production d’un médicament-clé de traitement du diabète de type
2 de la société BI.
«Ce projet, qui est en cours d’exécution, a nécessité un montant d’investissement total de 20 millions de dollars», a expliqué le directeur général. Et de faire savoir : « La production de médicaments pour le diabète de type 2 débutera au deuxième trimestre. Cela a été rendu possible par un transfert technologique, et sa commercialisation est prévue pour le deuxième trimestre 2023 ». Le Docteur Batel a, par ailleurs, révélé que l’usine de AIRP a été conçue pour une production de
51 millions de boîtes par an. « Elle a obtenu la certification GMP (bonnes pratiques de fabrication) en 2017 et la certification BPL (bonnes pratiques de laboratoire) en 2018. Deux distinctions qui illustrent que la production de l’usine est de très haute qualité », a-t-il fait remarquer. Comme ce dernier a tenu à informer les médias que l’usine de AIRP est la seconde dans le monde, après celle d’Allemagne, de produire du « Micardis ». Le docteur Bostella a, pour sa part, avancé :
« Nous sommes fiers d’avoir atteint l’objectif de devenir l’une des unités pharmaceutiques les plus modernes d’Algérie. » Et d’ajouter : « ce projet qui a coûté 50 millions de dollars a permis la création de plus de 300 postes d’emploi. » A propos du partenariat avec BI, il dira que « le but étant de rendre les médicaments innovants dans les pathologies lourdes, comme l’hypertension et le diabète, accessibles aux malades algériens ». Tout en ajoutant que « notre partenariat avec BI renforce notre engagement à élargir notre gamme innovante de médicaments afin que les patients disposent de médicaments dont l’efficacité a été prouvée ». Et de conclure par cette information : « Nous comptons produire des médicaments innovants couvrant différents domaines thérapeutiques à mesure que le partenariat progressera. » Lors des débats, des intervenants se sont félicités d’apprendre que le Micardis va incessamment être commercialisé. Un cardiologue a lancé : « Ainsi les patients atteints de cette pathologie, qui est en train d’exploser ces dernières années au vu de son taux de prévalence de 44% dans la population adulte du pays, pourront disposer de ce médicament innovant et qualifié de très efficace à un prix référentiel. » Et d’ajouter : « La production locale de cet antihypertenseur sera d’un gain certain pour la trésorerie du pays, car il pèse lourdement sur le facteur d’importation de médicaments du pays. » La professeur Naïma Bendib, qui pratique au niveau du centre hospitalier et universitaire Mustapha-Pacha d’Alger, a fait remarquer dans son intervention qu’« en matière d’introduction de médicaments innovants, nous accusons beaucoup de retard par rapport à ce qui se fait dans de nombreux pays ». Et de déplorer que « ce retard pénalise grandement nos malades notamment les hypertendus et les diabétiques ». De ce constat, la professeur préconise devant ce retard que la priorité soit donnée aux patients qui ont le plus besoin de médicaments innovants, faisant allusion à la lenteur de l’administration compétente en la matière pour donner son aval à la commercialisation de médicaments innovants. Pour sa part, le docteur Semrouni, qui est aussi président de l’Association des diabétiques, n’a pas mâché ses mots pour faire remarquer qu’il existe une dichotomie entre le ministère de la Santé et celui du Travail. Et d’arguer : « Quand le premier donne son feu vert à un médicament innovant, celui du Travail fait montre de lenteur à se prononcer sur le volet remboursement. Ce qui n’est pas en faveur du patient à qui dans son ordonnance il est prescrit un médicament innovant mais qui reste au-dessus de ses moyens financiers. Devant cette situation, je rejoins l’avis du professeur Bendib qui préconise de donner la priorité aux malades dans le besoin de disposer de médicaments innovants. » Notons, enfin, que des opérateurs versés dans la grande distribution de médicaments, présents à la conférence de presse, nous ont fait part de leur avis sur la disponibilité prochaine et à venir de médicaments innovants. Nous affirmant que « ce partenariat basé sur le concept de la production locale de médicaments de grande efficacité contre les pathologies lourdes va sûrement, d’une part, améliorer la santé publique et, d’autre part, étoffer l’industrie pharmaceutique nationale ».