Quelques jours après que le Syndicat national des pharmaciens d’officines eut tiré la sonnette d’alarme faisant état de la rupture de stock de 150 produits pharmaceutiques, essentiellement destinés au traitement des maladies chroniques, la Fédération algérienne du médicament a rendu public, hier, un communiqué dans lequel elle explique les raisons de cette pénurie sans précédent.

En plus d’un déséquilibre entre l’offre et la demande, la FAM a indiqué que les restrictions pratiquées sur l’importation des médicaments en tant que produits finis ont clairement nui au marché. La FAM a évoqué, comme cause, «un déficit croissant de l’offre sur le marché, face à une demande que stimulent, autant, l‘importante croissance démographique de notre pays que la politique d’accès élargi aux soins, mise en œuvre par les autorités publiques nationales au plus haut niveau». Elle a également pointé du doigt les «restrictions appliquées en amont sur les autorisations d’importation des médicaments finis» et «l’absence marquée de procédures claires, précises et cohérentes permettant d’administrer avec efficacité l’interdiction des importations de produits fabriqués localement».

Cependant, la Fam n’a pas manqué de dénoncer l’absence de visibilité sur le véritable état des lieux. «Un contexte de carence de statistiques exhaustives, fiables et accessibles en temps réel, de même que d’un dispositif affiché de responsabilité pharmaceutique sur les produits mis sur le marché, sont autant d’éléments qui contribuent à brouiller la visibilité de tous les intervenants, autorités publiques incluses, sur l’état réel des disponibilités de médicaments sur le marché», indique le communiqué de la Fédération algérienne du médicament.

Dans ce sens, elle a annoncé que le comité veille composé par les différents acteurs du secteur pharmaceutique tiendra une réunion d’urgence le 26 août et cela afin d’essayer de trouver une issue à cette crise qui menace la santé publique. le Snapo, premier syndicat à avoir annoncé la pénurie persistante des médicaments, a fait savoir qu’il compte demander aux autorités de délivrer des licences d’importations exceptionnelles pour pouvoir espérer une sortie de crise. «Nous sommes dans une situation inquiétante où la santé de milliers de malades est menacée. Nous ne voyons pas d’autres options que d’importer des médicaments nécessaires pour satisfaire la demande», a fait savoir Mourad Chaâbounia, président par intérim du SNAPO. Quant au ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière, et pour faire face à cette crise, il a ordonné aux directeurs de santé des wilayas de retirer les agréments aux opérateurs accusés de rétention de médicaments.