Par Sihem Bounabi
Messaoud Belambri, président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo), a exprimé, hier, son optimisme quant à l’amélioration de la distribution et de la disponibilité du médicament en Algérie suite à certaines mesures et décisions du ministère de l’Industrie pharmaceutique. Il estime toutefois que «les résultats ne se feront ressentir que dans quelques mois».
En effet, même si la situation s’est améliorée, la tension persiste sur certains médicaments. Les annonces faites, samedi dernier, par le ministre de l’Industrie pharmaceutique Lotfi Bebahmed, à l’occasion de la Journée dédiée au secteur qui s’est déroulée au Centre international des conférences (CIP), ont rassuré les pharmaciens d’officine qui avaient tiré à maintes reprises la sonnette d’alarme sur la pénurie de médicaments jusqu’à organiser au mois de février dernier deux journées de grève blanche.
Parmi les actions mises en place par le ministère, saluées par le syndicaliste, celle de l’élaboration d’une liste de médicaments essentiels, estimant que «c’est une solution économique, vu les difficultés que traverse l’Algérie par rapport à la dévaluation du dinar». Expliquant qu’il s’agit en fait de mesures pour que «les producteurs locaux soient plus efficaces et que l’importation soit uniquement destinée à certains médicaments de base et indispensables», il souligne que «certes cela va aider à équilibrer le marché, mais les résultats ne vont se voir qu’à moyen terme». Messaoud Belambri a tenu également à saluer la décision qu’il juge «très importante» du ministère de l’Industrie pharmaceutique «d’instaurer des mécanismes et des outils qui peuvent lui permettre d’avoir une visibilité sur l’ensemble du marché du médicament à travers la numérisation». Ainsi, la numérisation du secteur des produits pharmaceutiques permet d’avoir une visibilité sur les quantités importées, sur l’état d’avancement au cours de l’année de la réalisation du programme des produits d’importation, sur les produits fabriqués localement. Il s’agit aussi d’avoir une visibilité sur le mouvement des stocks entre importateurs, producteurs et distributeurs, ainsi que l’approvisionnement des officines par les distributeurs.
Pour le président du Snapo, «cette visibilité sur l’état des stocks, qui sera élaboré chaque semaine de manière digitale et précise, va certainement aider à une meilleure visibilité et stabiliser le marché». Il rappelle que «l’on a souvent dénoncé le manque de professionnalisme de certains opérateurs qui ne respectent pas leur programme d’importation et le manque de visibilité sur les mouvements des stocks. Cela se traduit par des tensions entre distributeurs et pharmaciens et automatiquement cela se répercute de manière directe sur le citoyen».
Il est à noter que parmi les huit recommandations retenues à l’issue de trois ateliers, organisés à l’occasion de la Journée sur l’industrie pharmaceutique, samedi à Alger, par le ministère de tutelle, il y avait la recommandation de l’accélération de la soumission électronique. Ainsi, les participants au premier atelier dédié aux modalités d’enregistrement des produits pharmaceutiques ont préconisé la promotion des essais cliniques, en plus de l’accélération de la soumission électronique et aussi l’allègement des modalités d’acquisition des autorisations temporaires d’utilisation (ATU).
Quant à l’atelier ayant trait aux modalités de fixation des prix des médicaments, il a recommandé l’amélioration de l’accès aux molécules innovantes en prenant en considération l’apport pharmaco-économique et les équilibres budgétaires des services utilisateurs. Il a été également recommandé de faire bénéficier les molécules faisant l’objet d’un essai clinique de pré-enregistrement sur le territoire national d’un enregistrement accéléré.
Pour sa part, l’atelier sur les modalités d’homologation des dispositifs médicaux, il s’est clôturé par la recommandation de tenir compte de l’aspect spécifique des dispositifs médicaux de diagnostic in-vitro et d’adapter la réglementation à chaque catégorie de dispositif médical. Il a aussi été proposé le développement du volet de la recto-vigilance et la mise en place d’une nomenclature nationale des dispositifs médicaux tout en se basant sur les actes médicaux, en plus d’avoir une meilleure visibilité quant aux demandes d’homologation soumises au ministère de la Santé. n