Ce document en cours d’élaboration détaillera les activités de l’institution qu’il préside et la nature des demandes et requêtes qui lui ont été adressées. Sa publication coïncide avec le premier anniversaire de la nomination de M. Younès en tant que médiateur de la République par le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune.
Après plusieurs mois de tâtonnements, le médiateur de la République a donné un peu de visibilité à l’institution qu’il préside. Jeudi, 17 décembre, Karim Younès a organisé une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé la publication prochaine du bilan de sa première année d’activité, qui sera bouclé le 17 février 2021. D’ici là, il a apporté quelques précisions relatives à ses fonctions ainsi qu’aux domaines de compétence de la médiation de la République. Celle-ci a été créée pour «accompagner et faciliter toute mesure garantissant les droits des citoyens», a dit Karim Younès. Le délégué local de la médiation à l’échelle de la wilaya «n’est ni un wali ni un juge ni un avocat ni un fonctionnaire», a-t-il ajouté pour souligner son «rôle de facilitateur et de réconciliateur». «Tantôt, a-t-il ajouté, il peut être conseiller» et agir en toute indépendance.
Cette précision de la mission de l’institution qu’il préside est à prendre dans sa double signification, celle de la fonction classique de l’ombudsman, la personne ou l’institution chargée d’œuvrer à la protection et la défense des droits des personnes, celle de préciser à ceux d’entre les Algériens qui la sollicitent de comprendre qu’elle n’a de pouvoir que celui de la médiation dans un contexte où celle-ci est encore en situation d’installation avec une probabilité d’échec réelle. L’Algérie, rappelons-le, n’est pas à sa première expérience d’instaurer la culture de la médiation à un niveau institutionnel. La médiation qui a vu le jour dans les années 1990, sous la présidence de feu Abdeslam Habbachi (sous la présidence de l’ancien chef de l’Etat Liamine Zeroual), n’a pas laissé de traces de son existence. Il n’empêche que Karim Younès et ses délégués reçoivent déjà des demandes de médiation et d’intermédiation, a-t-il affirmé lors de sa conférence de presse.
Ainsi, il a indiqué que les services centraux de la médiation ont reçu, depuis l’installation de l’Instance il y a dix mois et jusqu’au 2 décembre dernier, un total de 4 793 requêtes. Il a affirmé avoir «reçu personnellement 2 793 citoyens, toutes franges sociales confondues, venus des quatre coins du pays» dont les requêtes «ont été étudiées et transmises aux secteurs concernés pour prise en charge». «Plus de 29% d’entre elles concernent le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire», a fait savoir M. Younès, précisant que la wilaya d’Alger arrivait en tête avec 883 requêtes et réceptions, suivie des wilayas d’Oran (102 requêtes), de Sétif (76 requêtes) et de Skikda (75 requêtes).
Pour rappel, l’instance du Médiateur de la République comprend 48 délégués locaux qui correspondent aux 48 wilayas du pays et de 11 circonscriptions administratives. n