Jeudi dernier, l’Ecole supérieure de journalisme de l’université d’Alger III a accueilli un atelier sur la presse électronique. Présidé par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Ammar Belhimer, cet évènement, qui a eu lieu à l’amphithéâtre Nelson Mandela,a drainé un nombre important de journalistes et de professionnels du secteur pour faire des propositions et exprimer leurs revendications ainsi que leurs aspirations sur la manière d’exercer leur métier, qu’ils accomplissent aujourd’hui en l’absence d’un cadre légal. Il s’agissait, donc, de débattre des moyens de combler un vide juridique et d’opérer de façon à ce que la loi sur l’information de 2013, dont les dispositions ne concernent pas les médias apparus sur le net depuis plusieurs années déjà, soit accompagnée et confortée par de nouveaux textes de loi. Un impératif au vu du nombre important de journaux électroniques recensés par le ministère de la communication. Dans son intervention, le ministre du secteur, M. Belhimer, a fait état de l’existence de «150 sites électroniques d’information, dont 84 déclarés» en Algérie. Pour le ministre de la Communication, cette situation caractérisée de «déséquilibre» doit être résolue par un texte de loi devant déterminer les critères d’«organisation et de règlement de la presse électronique». Des médias qui, a-t-il dit, sont devenus parmi les outils les «plus privés par les professionnels de la presse», notamment écrite, dans notre pays. Et ce, en relation avec «les avantages économiques et informationnels qu’elle assure», a-t-il ajouté en soulignant le caractère attractif, aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs de l’information, des médias dits «instantanés».
L’atelier de travail, qui a vu une forte présence des journalistes, n’a pas permis d’épuiser toutes les questions que se posent aussi bien les professionnels que le ministère de la Communication sur la manière d’organiser un «domaine naissant qui a besoin d’accompagnement et d’un développement sécurisé et organisé», a souligné le ministre. Il n’en demeure pas moins que son département, a-t-on appris, travaille déjà à l’élaboration d’une feuille de route qui sera enrichie par les propositions formulées lors du débat et à celles qui seront destinées au département de M. Belhimer via une adresse courriel. La mouture finale qui en sortira sera soumise à nouveau à discussion avant qu’elle ne soit proposée sous forme de «projet de loi» pour examen et adoption au gouvernement avant le Parlement. Ce projet de loi sera prêt dans «quelques semaines», a indiqué le ministre.
Pour rappel, la création d’un cadre juridique pour la presse électronique est, officiellement, à l’ordre du jour depuis le 4 février dernier lorsque le président de la République a instruit le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, de procéder à la «régularisation de la situation juridique des journaux électroniques domiciliés en Algérie». « Ces médias seront traités au même pied d’égalité que la presse nationale écrite en matière de couverture des activités nationales et officielles et d’accès à la publicité publique, et ce dans le strict cadre de la loi et de la déontologie de la profession», pouvait-on lire dans le communiqué publié ce jour-là par les services de la présidence de la République.
Publicité, le projet de loi « prêt avant la fin 2020»
Le dossier est, donc, désormais ouvert par le ministère de la Communication auquel s’associe, si l’on tient compte de la qualité des présents jeudi dernier, deux autres départements, ceux de la Poste et des télécommunications et des starts-up. Dans son allocution, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Brahim Boumzar s’est engagé à œuvrer à l’accompagnement de la corporation de la presse, en garantissant une infrastructure de base à même de répondre aux aspirations des jeunes, ajoutant que les medias électroniques «qui sont totalement différents des presses écrite et audiovisuelle, nécessitent des bases juridiques adaptées à leurs spécificités». Il a exprimé par ailleurs la disponibilité de son ministère à présenter des offres pour héberger des sites d’informations et organiser des cycles de formation au profit des personnes intéressées par les nouvelles techniques de l’information. Sans doute pour répondre aux nombreux intervenants qui n’ont pas cessé de soulever le «problème» de la publicité sur le Net, Ammar Belhimer a informé que le projet de loi sur la publicité «sera prêt avant la fin 2020», s’engageant à «assainir» le secteur de la presse des «forces extra-professionnelles». Il a souligné que la publicité se dotera «d’une législation spéciale avant la fin 2020» laquelle tiendra compte de plusieurs questions, dont celle relative au monopole dans la distribution de la publicité, les spécificités de la société algérienne et des questions d’ordre économique.
A cette occasion, le ministre a réitéré l’importance de créer «un dispositif de régulation propre à la pratique journalistique», dont la mission consistera à veiller au suivi de l’opération de tirage et de la publicité pour garantir l’équité dans la distribution, en œuvrant à asseoir des mesures de médiation et d’arbitrage pour le règlement des conflits inhérents à la pratique de la profession au lieu de recourir à la justice. Il s’est engagé à assainir le secteur de l’information de ceux qu’il qualifie de «forces extra-professionnelles». Sur un autre registre, M. Belhimer s’est félicité de la décision du Président Tebboune portant consécration de la date du 22 février Journée nationale, qualifiant cette décision d’«acquis pour le peuple et pour le militantisme pacifique dans notre pays». Le Porte-parole du Gouvernement a affirmé, dans ce cadre, que cette décision du Président «participe d’une sagesse, d’une clairvoyance et d’un courage politique». Le chef de l’Etat avait décrété, mercredi dernier, à la veille de la célébration du 1er anniversaire du Hirak populaire, le 22 février de chaque année «Journée nationale de la fraternité et de la cohésion entre le peuple et son armée pour la démocratie».<